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Profilage racial: deux policiers de Gatineau condamnés à verser plus de 18 000$

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Paul - stock.adobe.com

Deux policiers de Gatineau ont été condamnés par le Tribunal des droits de la personne à verser plus de 18 000 $ à un homme qui a été victime de profilage racial lors d’une interpellation.

Selon ce qu'a rapporté Le Droit, un citoyen noir avait été arrêté le 27 décembre 2013 par deux policiers qui intervenaient pour une histoire de violence conjugale. Or, exception faite de sa couleur de peau et de sa taille, rien dans sa tenue ne correspondait au signalement fait au 911.

L’homme avait été interpellé, détenu, fouillé puis arrêté avant de recevoir un constat d’infraction pour avoir troublé la paix, a noté la Commission des droits de la personne dans un communiqué publié mardi.

«La victime a été interpellée non pas parce qu’elle correspond à la description d’un suspect recherché ce jour-là, mais parce qu’elle est la première personne à la peau noire aperçue par les policiers alors qu’ils se rendent vers le lieu d’un crime», a souligné la Commission en se fiant au jugement.

Le Tribunal a reconnu que le citoyen a été victime de discrimination, en violation de la Charte des droits et libertés de la personne.

«Le jugement du Tribunal est clair, à chacune des étapes de l’intervention, les comportements des policiers ne peuvent s’expliquer rationnellement que par les préjugés qu’ils entretiennent, consciemment ou non, à l’égard de la victime», a affirmé par communiqué le président de la Commission, Philippe-André Tessier.

M. Tessier a également déploré le manque d’efforts de la Ville de Gatineau pour la mise en place de moyens pour lutter contre les préjugés raciaux.

«Cet élément important renforce la position de la Commission comme quoi les Villes et les corps de police doivent mettre en œuvre des moyens pour lutter contre le profilage racial», a-t-il ajouté.

«Le profilage racial contribue à alimenter la méfiance envers les services policiers et à détruire la confiance envers notre système judiciaire», a renchéri Myrlande Pierre, vice-présidente de la Commission responsable du mandat Charte.

La Commission des droits de la personne a réitéré sa demande d’interdiction immédiate des interpellations policières sans motif des piétons et passagers de véhicules, qu’elle réclame depuis novembre 2019.