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Québecor veut que Radio-Canada cesse de diffuser de la publicité

Québecor veut que Radio-Canada cesse de diffuser de la publicité et offre tous ses contenus gratuitement sur ses plateformes numériques.

La Société Radio-Canada livre une «concurrence déloyale» aux diffuseurs privés, a dénoncé le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Le CRTC se penche ces jours-ci sur les conditions de licences du diffuseur public. Québecor, qui détient notamment la chaîne TVA, souhaite que le conseil encadre davantage les pratiques commerciales de l’antenne publique.

Le groupe accuse notamment la SRC d’offrir aux annonceurs des prix «complètement hors des normes du marché» afin de casser la concurrence. Il lui reproche aussi d’utiliser les plateformes numériques pour contourner ses conditions de licence, par exemple celle de ne pas vendre d’annonces à la radio.

Revenus publicitaires en berne  

M.Péladeau a rappelé que les diffuseurs privés dépendent entièrement de la publicité. Or, en raison de la concurrence des géants du web, de 2014 à 2019, le bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) de la télévision généraliste privée au Québec affichait des pertes cumulées de 93 millions $.

«La SRC, pour sa part, n’est pas confrontée à la même réalité financière que les diffuseurs privés puisqu’elle est très généreusement financée par le trésor public», a résumé M.Péladeau.

L’an dernier, l’État a versé 1,2 milliard de dollars au diffuseur public.

Bien que dans une bien moindre mesure, Québecor bénéficie aussi de fonds publics, dont la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) mise en place pour aider les entreprises à faire face à la pandémie. La crise ne l’a pourtant pas empêché de verser des dividendes à ses actionnaires.

«La communauté n’a subi aucun préjudice, s’est défendu M.Péladeau. C’est un programme universel. Tout le monde y a droit. Nous payons nos impôts avec fierté et nous sommes un contributeur important à l’économie.»

Il a souligné que la SSUC a permis aux médias de Québecor, dont le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, d’assumer leur mission de service essentiel tout au long de la pandémie.

Francophones hors Québec  

À ce chapitre, Radio-Canada a été vertement critiquée tout au long des audiences du CRTC pour le peu de services qu’elle offre aux francophones hors Québec même en pleine pandémie.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a ainsi indiqué que les Franco-ontariens doivent suivre l’actualité en anglais pour s’informer au jour le jour de la pandémie dans leur région.

«Radio-Canada n’a pas agi comme un rempart face à l’assimilation pendant la pandémie, a dit le président de l’organisme, Carol Jolin. Pour la SRC, c’est le Québec en premier et les autres si on a le temps.»

Selon M.Péladeau, rappeler le réseau public à son mandat, comme le demandent les francophones hors Québec, permettrait de redorer le blason du réseau.

«Il y a un éloignement de la mission canadienne et il y a comme une obsession de faire du copier-coller avec les diffuseurs privés», a-t-il déploré.