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WestJet s'oppose à la vente de Transat à Air Canada

Michel Desbiens/AGENCE QMI

Le transporteur albertain WestJet s'est opposé à l'acquisition d'Air Transat par Air Canada, jugeant que cette transaction met en péril sa propre survie.

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L'entreprise basée à Calgary a fait part de ses préoccupations dans une lettre transmise le 3 janvier à l'ancien ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, a rapporté le «Globe and Mail» mardi.

Dans sa lettre, WestJet fait valoir que l'un des points fondamentaux de la politique canadienne en matière de transport est d'avoir au moins deux grands transporteurs aériens en opération. Or, permettre à Air Canada d'avaler le troisième plus important transporteur au pays pour créer un géant de l'industrie contreviendrait à ce principe.

«La capacité de WestJet de contribuer à l'économie albertaine et, plus largement, à l'économie canadienne est mise en péril par cette transaction», s'inquiète l'entreprise dans un extrait de la lettre publiée par le «Globe».

«Pendant 25 ans, WestJet a toujours défendu une compétition saine et transparente. Pour cette raison, nous ne croyons pas que la transaction proposée devrait aller de l'avant, à moins que le gouvernement impose des mesures de mitigation essentielles», a renchéri le président et chef de la direction de WestJet, Ed Sims, dans une déclaration transmise au quotidien torontois.

Les actionnaires de Transat ont approuvé, à nouveau, la transaction visant à faire passer leur entreprise dans le giron d'Air Canada en décembre, malgré le dépôt d'une offre de Gestion MTRHP, la firme d'investissement du président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau. Ce rejet a d'ailleurs débouché la semaine dernière en une guerre de mots entre ce dernier et la direction de Transat.

Air Canada avait annoncé l'acquisition de Transat en 2019 au coût de 18 $ par action, un prix depuis considérablement réduit à seulement 5 $ par action en raison de la pandémie qui a frappé de plein fouet les lignes aériennes.

La transaction se trouve toujours sur le bureau du gouvernement fédéral, qui doit décider s'il y donne son aval au cours des prochaines semaines. Plusieurs voix ont fait part de craintes en vue de cette fusion, incluant celle du Bureau de la concurrence qui estime que la transaction se traduirait par une hausse des prix des vols pour les voyageurs.