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À son premier jour, Biden signe une série de décrets

À peine président, Joe Biden s’attaque à déconstruire l’héritage de Donald Trump, promettant le retour de la vérité et de « vaincre le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur ».

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« Toute mon âme est investie dans cette tâche, rassembler l’Amérique, unir notre peuple, unir notre nation. Car sans unité, il n’y a pas de paix, seulement du ressentiment et de la colère [...]. Il s’agit d’un moment historique de crise et de défis, et l’unité est le chemin à suivre », a déclaré le nouveau et 46e président des États-Unis, Joe Biden, mercredi, lors de son discours d’investiture qui s’est déroulée sous haute sécurité et sans heurts à Washington.

Deux semaines jour pour jour après l’attaque du 6 janvier au Capitole qui a fait cinq morts, le nouveau chef d’État a lancé un message rassembleur aux citoyens américains en spécifiant que la démocratie avait gagné.  

« Je serai le président de tous les Américains. Tous les Américains. Et je vous promets que je me battrai autant pour ceux qui m’ont apporté leur soutien que ceux qui ne l’ont pas fait », a-t-il ajouté, devant une foule remplacée par des milliers de drapeaux sur le National Mall et d’invités masqués à deux mètres les uns des autres.

Apaisement et vérité 

Pour la chercheuse à l’Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul-Dadurand Julie-Pier Nadeau, le président démocrate montre clairement son intention d’apaiser les tensions, car il sait qu’il est la cible de la grogne de l’extrême droite.

« Il essaie de calmer le jeu et de ramener les Américains, qui sont peut-être dans une bulle et qui ne croient pas à son élection, vers la vérité », estime Mme Nadeau.

Car outre l’unité, Biden veut aussi ramener la « vérité » dans les débats politiques.

« C’est une pointe lancée [à l’ancien] président Donald Trump, mais c’est aussi une promesse au peuple américain, c’est un espoir que les gens s’entendent sur un nombre de faits. C’est probablement la première façon qu’il peut faire pour essayer de contrer toute la frange extrémiste », affirme la chercheuse, ajoutant que ce sera un travail de longue haleine.

Déjà au boulot 

Joe Biden n’a d’ailleurs pas hésité à se mettre au travail dès son premier jour derrière le Bureau ovale, ce qui donne le ton, selon Mme Nadeau.

Le démocrate a décidé de commencer son mandat en signant une série de 17 décrets, tels que le retour au sein de l’Organisation mondiale de la santé et l’Accord de Paris sur le climat.

Le président français Emmanuel Macron n’a pas hésité à souligner cet événement en publiant sur Twitter un « Welcome back ».

Biden a aussi notamment annulé le projet d’oléoduc Keystone XL.

« Le dossier [Keystone XL] est un point de contention depuis longtemps avec le Canada. Ça risque de mettre de la pression sur le gouvernement canadien », estime Mme Nadeau.

Le premier appel de M. Biden à un dirigeant étranger sera d’ailleurs destiné au premier ministre Justin Trudeau.

Fini le spectacle 

Pour Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand, cela marque vraiment une nouvelle ère et une fracture avec l’ancien président, qui n’a pas assisté à l’investiture.

« Ce ne sera pas l’espèce de spectacle de la présidence Trump, mais pour ceux qui pensent que ça va être plate et qu’on va s’ennuyer, détrompez-vous, on va voir une présidence extrêmement intéressante aux États-Unis », pense-t-il.

– Avec l’AFP 

QUELQUES-UNS DES 17 DÉCRETS SIGNÉS MERCREDI SOIR 

  • Retour des États-Unis au sein de l’Organisation mondiale de la santé. Le Dr Anthony Fauci devient le chef de la délégation à l’OMS. 
  • Retour au sein de l’Accord de Paris sur le climat. 
  • Annulation de l’oléoduc Keystone XL.  
  • Les restrictions d’entrée aux États-Unis des détenteurs de passeports provenant de sept pays à majorité musulmane sont levées. 
  • Arrêt de la construction du mur frontalier avec le Mexique en mettant fin à la déclaration d’urgence nationale utilisée pour le financer. 
  • Lancement du défi aux Américains de porter des masques pendant 100 jours.