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Le fentanyl fait 60% plus de victimes que la COVID-19 en Colombie-Britannique

La crise du fentanyl, cette autre épidémie qui ravage l'Ouest canadien et tout particulièrement la Colombie-Britannique, a tué un nombre record de personnes au cours de la dernière année, surpassant même de loin les décès liés à la COVID-19.

Mardi, l'organisation BC Emergency Health Services, qui gère les services ambulanciers pratiquement partout dans la province, a révélé avoir répondu à 27 067 appels pour de potentielles surdoses au cours de la dernière année, un nombre en hausse de 12%.

Le nombre d'appels pour des surdoses est demeuré stable ou a augmenté dans pratiquement toutes les grandes villes de la province, incluant Kelowna, Kamloops, Prince George, Victoria et les villes en banlieue de Vancouver, comme Surrey et Burnaby.

Seule exception: la ville de Vancouver, épicentre de la crise, a vu le nombre d'appels passer de 8589 à 8144, en baisse de 5,5%. Ce phénomène s'explique par une diminution de 14% du nombre d'appels pour le quartier Downtown Eastside, lieu de rassemblement traditionnel des gens avec des problèmes de consommation.

N'empêche, la crise a fait plus de morts que jamais dans la province. Selon les dernières données disponibles, 1548 décès dus à une surdose ont été recensés en 2020 en Colombie-Britannique, un nombre qui couvre les mois de janvier à novembre, mais pas celui de décembre.

Il s'agit donc fort vraisemblablement de la pire année de la crise dans la province. Pour l'ensemble de l'année 2018, 1549 décès avaient été recensés, soit à peine un de plus qu'en 11 mois en 2020.

Pourtant, la crise du fentanyl avait enfin semblé se résorber en 2019 avec l'annonce de 984 décès, soit le plus petit bilan depuis 2015. La pandémie, qui a isolé davantage les consommateurs de drogues, a cependant relancé la crise dans la province.

En comparaison, la Colombie-Britannique a terminé l'année 2020 avec environ 900 décès liés à la COVID-19, si bien que les surdoses ont fait presque 60% plus de victimes que le virus.

Le fentanyl, cet opiacé 100 fois plus puissant que la morphine et souvent mélangé à d'autres drogues par des trafiquants peu scrupuleux, demeure la principale cause des surdoses mortelles. Des traces de cette drogue ont été retrouvées dans les dépouilles de 83% des victimes de surdoses au cours de la dernière année.

Le chef de l'unité des ambulanciers de Penticton, une ville de la vallée de l'Okanagan qui a assisté à une croissance de 87% des appels pour des surdoses en 2020, a d'ailleurs noté que les cas sont de plus en plus complexes.

«Avec le niveau de toxicité actuel des drogues, les surdoses nécessitent plusieurs doses de naloxone [l'antidote au fentanyl, NDLR] et le patient a souvent des complications respiratoires et neurologiques», a décrit Pat Hussey dans un communiqué de BC Emergency Health Services.