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Le taux d'inoccupation des logements bondit à Montréal

La pandémie de COVID-19 a fait bondir le taux d’inoccupation des logements sur l’île de Montréal, celui-ci étant passé de 1 % à 6 % entre mai et décembre dernier, selon un sondage de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

Si cette situation promet de donner du boulot aux propriétaires de logements au cours des prochaines semaines, elle offre en revanche plus de choix aux locataires pour s’installer dans une unité correspondant mieux à leurs besoins.

Dans les banlieues de la métropole, les taux d’inoccupation sont moins environ quatre fois moins importants. En comparaison, c’est du côté de trois régions loin de Montréal que les taux d’inoccupation sont les élevés hors de la métropole: ils atteignent 3,3 % dans Chaudière-Appalaches, 3,1 % en Abitibi-Témiscamingue et 2 % au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a-t-on rapporté mercredi.

«La pandémie et la crise économique qu'elle provoque affectent plus particulièrement la location de logements à Montréal», a dit le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette, par communiqué.

«Les gens qui travaillent dans le commerce de détail, dans la restauration, le tourisme et le secteur culturel vivent davantage d'incertitude pour leur emploi, a-t-il enchaîné. De plus, la clientèle étudiante et les immigrants représentent aussi une demande locative en forte baisse. À ces facteurs s'ajoutent les logements qu'on louait à des touristes qui reviennent accroître l'offre du marché résidentiel», a énuméré M. Brouillette.

La CORPIQ fait mention des chiffres du Tribunal administratif du logement qui fixe les augmentations de loyer chaque année. La hausse annuelle moyenne des loyers au Québec s’est chiffrée à 1,9 % en 2019 et à 1,2 % l’année suivante, ce qui constituait un plancher en 15 ans.

«[Trente pour cent] des propriétaires de Montréal s'attendent à une saison de relocation plus difficile cette année, comparativement à 14 % qui estiment qu'elle sera plus facile. L'optimisme est nettement moindre à Montréal que dans l'ensemble du Québec», a indiqué M. Brouillette en soulignant que les propriétaires n’auront droit en 2021 qu’à 1,92 $ d’augmentation de loyer pour chaque tranche de 1000 $ de travaux réalisés en 2020, en vertu de chiffres devant être annoncés sous peu par le Tribunal administratif du logement.

«Depuis des décennies, le gouvernement du Québec regarde le parc de logements locatifs se détériorer en raison de sous-investissements causés par une méthode de fixation de loyer trop restrictive. La faute n'incombe pas au Tribunal administratif du logement. Ses dirigeants successifs au fil des décennies ont tous tenté de convaincre le gouvernement de moderniser les critères de fixation, mais aucune formation politique au pouvoir n'a corrigé ce problème connu de tous. Reste à voir ce que le gouvernement de la CAQ compte faire. La désuétude du parc locatif ne fait qu'empirer. Il faut agir plus rapidement», a mentionné M. Brouillette.

Le sondage de la CORPIQ a été mené du 14 au 22 décembre. Quelque 2372 propriétaires ou gestionnaires totalisant près de 70 000 logements au Québec y ont répondu, ce qui équivaut à une marge d'erreur de 2 %, 19 fois sur 20.

Taux d’inoccupation des logements en décembre 2020:

Montréal 6,0 %

Chaudière-Appalaches 3,3 %

Abitibi-Témiscamingue 3,1 %

Saguenay-Lac-Saint-Jean 2,0 %

Québec 1,6 %

Montérégie 1,4 %

Laval 1,4 %

Lanaudière 1,2 %

Outaouais 0,9 %

Laurentides 0,9 %

Bas-Saint-Laurent 0,9 %

Centre-du-Québec 0,8 %

Estrie 0,8 %

Mauricie 0,5 %

Source: sondage de la CORPIQ