/news/faitesladifference

Misons sur l’enseignement par demi-classes au secondaire

Teenagers in protective masks studying in classroom with teacher

Photo Adobe Stock

Vingt-trois. C’est le nombre de lettres que nous avons reçues depuis le début de l’année scolaire nous avisant d’une fermeture de classe à l’école que fréquente notre fille, l’école secondaire De Rochebelle, à la suite de la découverte de cas positifs à la COVID-19 parmi les élèves.  

Le retour en classes des élèves du secondaire a eu lieu lundi. Avec la transmission communautaire qui s’amplifie depuis les Fêtes, ces lettres annonçant la fermeture de classes nous parviendront certainement à une cadence encore plus rapide.

La ventilation dans les écoles est un sujet d’actualité dans les médias depuis les dernières semaines. Des améliorations seraient certainement souhaitables dans plusieurs écoles, mais en attendant le résultat de tests plus fiables, il est étonnant de constater que l’on ne semble plus discuter de ce moyen pourtant très simple d’améliorer rapidement la qualité de l’air dans les écoles, tout en diminuant le risque de transmission: l’enseignement en alternance par demi-classes.

Une approche sécuritaire

Après cette longue pause des Fêtes, j’espérais qu’on en soit venu à considérer enfin ce mode d’enseignement comme étant la meilleure option dans ce contexte où il a été démontré que les écoles secondaires sont un vecteur important de propagation de la COVID-19.

L’enseignement par demi-classes faisait pourtant la manchette des médias en novembre et il avait d’ailleurs été préconisé au secondaire par l’Institut national de santé publique du Québec. La réduction du nombre d’élèves de 30 à 15 permettrait le respect des règles de distanciation physique à l’intérieur des classes, là où les élèves passent 6 à 7 heures par jour! 

Les masques de procédure que les élèves doivent maintenant porter sont efficaces pour empêcher la propagation de grosses gouttelettes, mais ils sont loin de protéger à 100% des microgouttelettes qui se retrouvent en suspension dans l’air, émises par 30 élèves qui passent la journée dans une classe peu ou mal ventilée. En réduisant le nombre d’élèves par classe et en ouvrant les fenêtres avant et à la fin de cours, on améliorerait nécessairement la qualité de l’air tout en diminuant les risques de transmission. 

Facile à mettre en place

Les données épidémiologiques indiquent que c’est au secondaire que le risque de transmission entre les élèves est le plus élevé, particulièrement à partir de 14 ans. L’école secondaire De Rochebelle a fourni à tous les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire des «Chromebooks» qui leur permettent de suivre leurs cours à distance. Malheureusement, ces cours à distance se font par alternance entre les groupes et non entre les demi-classes: un jour sur deux, les 30 élèves d’une classe se rendent en classe pendant qu’une autre classe suit ses cours en ligne à la maison. 

Pour passer à l’enseignement par demi-classes, il ne manque qu’une caméra par classe, dont le prix est de l’ordre du prix d’un seul Chormebook! Avec ces caméras, l’enseignement pourrait se faire en tout temps en classe devant un groupe de 15 élèves pendant que les 15 autres suivraient le même cours à la maison. Les règles de distanciation pourraient être respectées en tout temps, diminuant du même coup les risques de fermeture de classes. 

Cela permettrait également à tous les élèves qui doivent se confiner, dans l’attente d’un résultat de test, de suivre leurs cours à distance.

Alors qu’attend-on pour nous décider à opter pour le moyen le plus simple de diminuer les risques de transmission de la COVID-19 dans nos écoles? Plusieurs écoles, privées et publiques, ont choisi, sans attendre une décision gouvernementale, de miser sur l’enseignement par demi-classes parce qu’elles y ont vu clairement tous les bénéfices, tant au niveau de la santé des élèves et du personnel de l’école que pour permettre à tous un enseignement dynamique. L’initiative de ces écoles est admirable et elle est la preuve que, soumis aux mêmes contraintes, certaines personnes ont plus de facilité que d’autres à innover et à trouver des solutions pour s’adapter à une situation de crise. Il est plus que temps que d’autres écoles emboîtent le pas...

Lucie Lavigueur
Québec
Biologiste de formation
Travaille auprès des personnes âgées comme travailleuse autonome (entreprise Service aux Aînés de Québec)

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?