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Pénurie de vaccins: le report de la deuxième dose d’autant plus justifié, selon des experts

A bottle with vaccine and syringe in front of blue background. Medicine, science and healthcare concept

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Malgré les critiques, les experts en immunisation mandatés par Québec maintiennent leur recommandation de reporter la deuxième injection du vaccin contre la COVID-19 à plus tard, d’autant plus avec la pénurie de doses actuelle.

Face aux doutes exprimés par différents intervenants depuis l’annonce du report jusqu’à 90 jours de la dose de rappel, le ministère de la Santé a sollicité et obtenu un avis complémentaire au Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). 

Dans un document publié mercredi par l’Institut national de santé publique, le Comité sur l’immunisation juge toujours aussi essentiel qu’une première dose de vaccin soit offerte rapidement «au plus grand nombre de personnes» afin d’éviter des décès et des hospitalisations. 

Les experts consultés par le gouvernement considèrent cette stratégie encore plus pertinente «en contexte de pénurie de vaccins et de circulation du virus à un niveau élevé».

Intervalle de 42 à 90 jours

Dans son analyse, la CIQ ne fait nullement mention de l’intervalle de 42 à 90 jours entre les doses annoncé par Québec, mais rappelle que le Royaume-Uni a retenu un délai maximal de 12 semaines. 

«Ce n'est pas le Comité sur l'immunisation du Québec ou l'Institut national de santé publique qui a recommandé un intervalle ferme de 42 à 90 jours», a souligné en entrevue le président du CIQ, Dr Nicholas Brousseau. Mais «cet intervalle est quand même dans l'esprit de nos recommandations», a-t-il assuré, en rappelant l’importance de suivre les données de près. 

Advenant que les études d’efficacité vaccinale menées à travers le monde démontrent «un déclin rapide» de la protection après la première dose, il faudra devancer la seconde. 

«Si ces études montrent au contraire une protection élevée et durable, cette deuxième dose pourrait éventuellement être reportée davantage pour permettre la vaccination d’autres groupes prioritaires», recommande le CIQ, qui cible à titre d’exemple celui des 60 à 69 ans. 

«Le plus récent rapport du CIQ confirme la pertinence de la stratégie adoptée par la santé publique», a commenté le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, dans une déclaration écrite. 

«Il est clair que nous allons octroyer cette deuxième dose. Maintenant, on doit donner un coup de barre et vacciner le plus de personnes vulnérables possible, le plus rapidement. Dans le contexte où nous avons très peu de doses de vaccin, c’est la meilleure stratégie.»