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TVA Sports: Elizabeth Rancourt repousse les limites

PHOTO COURTOISIE, TVA Sports

Elizabeth Rancourt anime depuis la semaine dernière les matchs de la Ligue nationale de hockey (LNH) à TVA Sports, avec ses collègues Louis Jean et Michel Godbout. Rare femme à obtenir ce titre, la communicatrice travaille à défaire les préjugés, un à un. Car il y en a encore...

Elle l’avoue candidement : encore en 2021, ses collègues journalistes sportives et elle reçoivent occasionnellement des commentaires du genre «Retourne à tes chaudrons» si elles ont le malheur de bafouiller au détour d’une phrase.

Pourtant, Elizabeth Rancourt connait ses chiffres, tout comme les Chantal Machabée – sa bonne amie – et autres camarades lui ayant pavé la voie. Heureusement, nuance-t-elle, la majorité est respectueuse.

«De plus en plus, et c’est vraiment "le fun", des gens m’écrivent que ça fait du bien de voir une femme couvrir le hockey, que c’est rafraichissant, qu’ils en veulent plus. Mais il y en a encore qui me disent d’aller dans ma cuisine et de laisser faire le hockey... Même chose pour l’habillement ; on me demande pourquoi je porte des robes. La moindre affaire, on se le fait dire. C’est la réalité de 2021 et des réseaux sociaux ; les gens pensent qu’ils peuvent tout dire, et qu’on ne le lira pas et que ça ne nous affectera pas», confie Elizabeth Rancourt en entrevue.

Sur son X

Elle préfère en rire. Sa fierté prend le pas sur la médisance. Car c’est un petit plafond de verre qu’Elizabeth Rancourt défonce aujourd’hui à TVA Sports, peu de femmes ayant animé des matchs de la LNH à la télévision francophone.

Une offre qui tombait à point, 10 ans après son entrée à TVA Sports et au terme de son récent congé de maternité, dont elle est revenue le 4 octobre dernier.

«C’est un bon "timing" pour moi, pour faire ça. Il y a quelques années, je ne sais pas si j’aurais accepté. J’aurais été moins à l’aise. D’aller sur le terrain, dans d’autres arénas, de couvrir le Canadien, de parler avec les "coachs" et les joueurs, comme je l’ai fait dans les dernières années (depuis 2014, NDLR), ça donne une bonne expérience. Maintenant que je me retrouve en studio, ça me donne une confiance en moi et en mes moyens, que je n’aurais pas eu auparavant. Aujourd’hui, je me sens sur mon X», estime Elizabeth.

«C’est une belle marque de confiance, ajoute-t-elle. Je regarde souvent Louis Jean à l’animation, et c’est mon idole. Cet homme est parfait. Je ne connais personne qui passe aussi facilement du français à l’anglais. Je ne me compare pas à lui, mais ç’a été une belle tape dans le dos.»

Charge mentale

Le papa d’Elizabeth, l’avocat criminaliste Jean-Pierre Rancourt, jouait au hockey dans sa jeunesse et aurait pu en faire une carrière. Chez les Rancourt, les parties du Canadien du samedi soir ont toujours été une religion. À un point tel qu’Elizabeth a trouvé un peu surréaliste de mettre les pieds dans les vestiaires et de jaser avec joueurs et entraîneurs quand on l’a affectée à la couverture du CH, il y a six ans.

En poste à TVA Sports depuis le lancement de la chaîne, en 2011, la journaliste avait jusque-là suivi l’Impact (maintenant Club de Foot Montréal) sur la route. Elle qui ne connaissait rien au soccer à ses premières armes a fini par devenir experte de ce sport quand elle l’a quitté.

Auparavant, la diplômée en management de McGill avait travaillé un an à TQS (devenue depuis V, puis Noovo) avant de joindre la chaîne Argent, que Québecor abolissait en 2016.

L’envie de délaisser les affaires au profit des médias est venue à Élizabeth Rancourt en suivant son père dans les studios de télévision, où il donnait de nombreuses entrevues en Estrie dans le cadre de son métier. Elle n’a jamais regretté son choix.

Et, si elle est actuellement en «garde partagée» entre TVA Sports et le service d’information (on la voit à LCN et «Salut Bonjour Week-end»), elle n’hésite pas à clamer haut et fort que son cœur est aux sports.

«Ce n’est même pas une question!», badine la jeune maman de bouts de choux de 4 ans et 13 mois, qui concilie présentement ses horaires tôt le matin et tard le soir, semaine et week-end, et qui en connait un rayon sur la charge mentale.

«Récemment, je me suis dit que j’allais avoir besoin d’un plus gros agenda! Je suis quelqu’un de très discipliné, je note tous mes engagements, et je fais beaucoup de cuisine. Mais là, ça devient un peu plus difficile!»