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Une centaine de lits de plus pour les itinérants à Montréal

Dans la foulée de la mort d’un itinérant autochtone dimanche dernier sur le Plateau, le gouvernement Legault et l’administration de la mairesse de Montréal ont trouvé un terrain d’entente permettant l’ajout d’une centaine de lits d’hébergement temporaires.

Selon les détails annoncés en fin de journée mercredi, 112 places pour les femmes et les hommes seront disponibles au Centre Pierre-Charbonneau, à deux pas du Stade olympique.

Un autre refuge pour les sans-abri est disponible dans l’ancien YMCA Hochelaga-Maisonneuve, situé non loin du Centre Pierre-Charbonneau.

Quarante places seront disponibles dès vendredi, à compter de 16 h, mais les 112 places seront accessibles lundi prochain.

«Cette initiative est le fruit d'une mobilisation importante des différents acteurs montréalais pour offrir des lieux sécuritaires et adaptés aux hommes et aux femmes en situation d'itinérance. Je salue d'ailleurs l'apport de mon collègue Ian Lafrenière, qui s'implique activement dans les actions de notre gouvernement pour lutter contre l'itinérance», a expliqué le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

«Les refuges et les haltes-chaleur sont pratiquement tous pleins alors que les besoins en matière d'hébergement sont toujours plus grands», a indiqué la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

«CARE Montréal et le Cap Saint-Barnabé sont fiers de s'associer pour répondre aux besoins des plus démunis dans l'est de Montréal», a mentionné Michel Monette, directeur général de CARE Montréal et Isabelle Piché, directrice générale de CAP St-Barnabé.

On a mentionné que des actions sont réalisées «afin de favoriser une bonne cohabitation sociale» avec les résidents de ce secteur d’Hochelaga-Maisonneuve. «Une équipe d'agents d'accueil sera notamment postée à l'extérieur du Centre», a-t-on aussi souligné.

Inquiétude chez les sans-abri

La décision de Québec de maintenir les contraventions pour non-respect du couvre-feu aux sans-abri ne passe pas auprès de la population itinérante. Pour David Chapman, directeur de Résilience Montréal, c'est tout simplement inacceptable.

Le ministre des Affaires autochtones refuse de céder, mais promet de l'aide.

«Je crois, moi, qu'il y a une population qui est déjà en position de vulnérabilité qui va encore plus s'exclure. Et ça, c'est dangereux et ça m'interpelle. Comme prise de position, on dit plusieurs choses. Un, il faut avoir plusieurs solutions. Une des solutions, et c'est pour ça que je suis au Square Cabot, je veux dans un court laps de temps un îlot chaleur ici. Comme il a été fait à Emilie-Gamelin. C'est-à-dire une tente. Les gens vont pouvoir se réchauffer, prendre un café, être en sécurité», indique Ian Lafrenière.

À quelques kilomètres du Square Cabot, la toilette chimique ou l'Innu Raphael Alain est mort gelé est toujours là. Devant, ses amis sont réunis.

«Je lui ai parlé et il m'a dit qu'il avait très froid», explique Pacha. Ça nous fait de la peine.»

Les autochtones forment moins de 2% de la population au Québec, mais sur les 2000 sans-abri que compte Montréal, 800 sont autochtones. C'est le nouveau visage de l'itinérance et un symbole de la situation difficile dans laquelle se trouvent bon nombre de communautés autochtones au Québec.