/finance/consumer

Vos impôts 2020 et le télétravail

Vector illustration of two workers telecommuting

Illustration Adobe Stock

Prélude à la saison des impôts, les feuillets fiscaux T4 et autres ont entrepris leur migration vers nos boîtes à lettres. La préparation de la prochaine déclaration de revenus ne s’annonce pas ordinaire, à l’image de 2020. 

Des dizaines de milliers de Québécois ont dû se tourner vers le télétravail. 

Quel impact cela aura-t-il sur nos impôts ? Nous avons fait le tour avec Sophie Trépanier, associée, fiscalité canadienne, chez Raymond Chabot Grant Thornton. 

Déduction de dépenses : la méthode facile  

Les gens qui ont œuvré de leur domicile durant la pandémie peuvent déduire de leurs revenus certaines dépenses reliées au travail.

Il y a deux méthodes de calcul à leur disposition : la simple et la compliquée.

La première fait gagner un temps fou, la seconde peut permettre de récupérer plus d’argent. À vous de voir si les gains potentiels offerts par cette dernière valent l’effort (ou les honoraires supplémentaires du comptable).

La majorité des télétravailleurs pourront déduire l’essentiel de leurs frais sans se casser la tête grâce à la méthode de calcul « temporaire à taux fixe ». « Temporaire », car la formule a été mise en place pour l’année 2020 afin de simplifier la vie de tout le monde, des employeurs et de leurs employés.

Cette méthode permet de déduire 2 $ par jour de télétravail, jusqu’à un maximum de 400 $ pour l’année, sans fournir de pièces justificatives comme des factures et un formulaire signé par l’employeur. 

« Il suffit d’inscrire le nombre de jours durant lesquels on a travaillé à la maison », indique la comptable et fiscaliste Sophie Trépanier. 

Si vous êtes imposé au taux marginal de 38 %, vous récupérerez 38 $ pour chaque tranche de 100 $ de dépenses que vous aurez déduite. La méthode simple permet d’aller chercher 152 $ sans trop de difficulté.

Dépenses déductibles

Si vous pensez avoir engagé suffisamment de dépenses pour que ça vaille la peine de vous lancer dans la méthode détaillée, voici les frais et les coûts que vous pouvez soustraire de vos revenus. 

Les fournitures de bureau

Papier, cartouche d’imprimante, stylo... le coût des fournitures dites « épuisables » ou « destructibles » est déductible. Cela exclut l’ameublement et le matériel informatique. 

Internet et téléphone

En temps normal, les dépenses liées à un accès internet et à un service téléphonique de base ne sont pas déductibles. Les frais pour des appels interurbains effectués dans le cadre du travail, par contre, le sont. L’ARC a indiqué qu’elle accepterait de façon exceptionnelle des frais raisonnables d’accès à internet. 

Frais de bureau

C’est là l’élément qui sème le plus de confusion. Un employé qui travaille plus de 50 % de la maison peut déduire une partie de ses coûts d’électricité, de chauffage et d’entretien. Cette partie déductible doit correspondre à la proportion de l’espace de travail par rapport à l’espace total du logement. 

Si la pièce ne sert pas exclusivement au travail (par exemple la salle à manger), il faut aussi tenir compte du temps durant lequel elle est utilisée pour le travail (40 heures sur 168 heures = 24 %).

Par exemple : si la salle à manger correspond au 5e (20 %) de l’espace du domicile, on peut déduire 4,8 % de ses factures d’électricité, de chauffage et d’entretien (20 % x 24 %).

Un locataire peut déduire une partie de son loyer à l’aide du même calcul. Dans le cas d’un propriétaire, en revanche, il ne peut soustraire de ses revenus imposables, au contraire d’un travailleur autonome, une partie de ses taxes foncières, de ses primes d’assurance habitation et de ses intérêts hypothécaires.

Il n’est pas plus possible pour un propriétaire de demander une déduction pour la valeur locative de son bureau à domicile.

Important : si on a opté pour la méthode simplifiée, on ne peut rien déduire en surplus. 

Du matériel donné non imposable  

Des employeurs ont dû fournir à leur personnel du matériel pour faciliter le travail à domicile, comme des écrans d’ordinateur et des chaises ergonomiques.  

Comme les employés conserveront ces biens au retour à la normale, ces dons seraient normalement considérés comme des avantages imposables. Dans les circonstances de la pandémie, le gouvernement fédéral a décidé de faire exception. Les employés peuvent recevoir jusqu’à 500 $ de matériel à la maison sans être imposés sur cet avantage.