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Distribution d'un journal douteux: le syndicat des facteurs de Postes Canada mal à l'aise

Photo courtoisie

Le syndicat des travailleurs de Postes Canada s'oppose à la distribution par ses membres du journal The Epoch Times, connu pour son contenu pro-Trump, ses fausses nouvelles et ses tendances complotistes.

The Epoch Times est un média qui a été fondé aux États-Unis par un groupe de Sino-Américains dans les années 2000. La tête derrière ce journal est John Tang, membre du Falun Gong, un mouvement de pratique spirituelle interdit en Chine. 

Depuis quelque temps, des citoyens, notamment de Québec et de Montréal, ont rapporté avoir reçu la publication dans leur boîte postale sans l’avoir demandé et sans y être abonnés. 

Un représentant du média joint par Le Journal a indiqué qu’il s’agissait d’une façon de faire la promotion dans le but d’aller chercher de nouveaux abonnés. Cette distribution survient à quelques reprises dans l’année. 

«C’est un échantillon gratuit. Si ces personnes lisent le journal et qu’ils l’aiment, ils peuvent s’abonner et nous avons différents plans», a indiqué un responsable du service à la clientèle de The Epoch Times, avant d’offrir un abonnement au représentant du Journal

Propos incendiaires, selon le syndicat

En période de pandémie, alors que les différentes autorités gouvernementales luttent contre la désinformation et les théories complotistes, des travailleurs de Postes Canada – une société gérée par le gouvernement fédéral – se disent mal à l'aise avec la distribution de ce journal. 

«Le Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP) est au courant des préoccupations relatives à la distribution de la publication Epoch Times dans certaines régions du pays. Nous en avons fait part à la direction de Postes Canada, qui a demandé à son service juridique d’examiner la question. Celui-ci a déterminé que la publication n’encourage pas de préjudices contre un groupe en particulier et qu’elle est donc protégée par les dispositions de la Charte visant la liberté d’expression commerciale. Le STTP estime néanmoins que le contenu de la publication est incendiaire, et il s’oppose à ce que ses membres soient placés dans une position où ils sont tenus de distribuer une telle publication. Nous allons continuer de surveiller la situation», a indiqué Jan Simpson, présidente du Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes.

Le fédéral silencieux

De son côté, Postes Canada a indiqué qu’elle était tenue de livrer tout envoi que l’expéditeur a payé et bien préparé, à moins qu’il ne soit considéré comme un objet inadmissible. 

«Les tribunaux ont indiqué que le rôle de Postes Canada n’est pas de censurer le courrier ou de fixer les balises de la liberté d’expression au pays. Il s’agit d’une différence notable entre Postes Canada et les entreprises de livraison du secteur privé. Notre point de vue sur le contenu ne change en rien notre obligation de livraison», a indiqué un représentant des relations médiatiques de l’organisation.  

Postes Canada est gérée par le ministère des Services publics et de l'Approvisionnement du Canada. Questionné par Le Journal sur la situation à maintes reprises depuis le début du mois de décembre, celui-ci ne nous a toujours pas fourni de réponse.