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Jusqu'à 80% moins de risque d'infections à la COVID grâce à des anticorps de synthèse

Pris de façon préventive, le traitement d'anticorps de synthèse du groupe américain Eli Lilly permet de réduire de jusqu'à 80% le risque de contracter la COVID-19 selon les résultats d'une étude réalisée auprès de résidents de maisons de retraite aux États-Unis, a annoncé jeudi l'entreprise.

«Nous sommes très satisfaits de ces résultats positifs, qui montrent que le bamlanivimab (nom commercial de l'anticorps de synthèse, NDLR) a permis d'aider à prévenir la COVID-19, réduisant de façon considérable la forme symptomatique de la maladie chez des résidents de maisons de retraite», a affirmé Daniel Skovronsky, responsable scientifique du groupe, dans un communiqué.

Cet essai, soutenu par le gouvernement américain, a été mené sur 299 résidents de maisons de retraite et 666 membres du personnel travaillant dans ce type d'institutions ayant été testés négatifs au virus avant de recevoir le traitement.

Les participants ont reçu de manière aléatoire soit 4,2 grammes de bamlanivimab, soit un placebo.

Après huit semaines de suivi, le risque de développer une forme symptomatique de la COVID-19 a été atténué de 57% pour l'ensemble des personnes ayant reçu l'anticorps de synthèse.

Concernant le sous-groupe des résidents de maisons de retraite, ceux ayant reçu le bamlanivimab ont vu leur risque d'attraper la COVID-19 réduit de 80%.

Quatre décès dus au virus ont aussi été enregistrés chez les résidents en institution, tous avaient reçu une injection de placebo.

L'étude s'est aussi penchée sur l'utilisation de l'anticorps de synthèse, qui a reçu en novembre une autorisation d'utilisation en urgence par l'Agence américaine des médicaments, comme traitement pour 132 participants qui avaient été testés positifs au virus. L'entreprise a fourni moins de détails sur cette partie de l'essai.

Ces résultats bien que préliminaires et en attente de validation par d'autres scientifiques, ont été jugés très prometteurs par certains experts.

Selon Eleanor Riley, professeure d'immunologie à l'université d'Édimbourg, ce type de traitement aux anticorps de synthèse pourrait être un complètement aux vaccins.

«Il y aura toujours une petite partie de la population qui ne pourra pas être vaccinée ou qui n'aura pas une bonne réaction à la vaccination en raison d'antécédents médicaux», explique-t-elle.

«Ces résultats dépassent nos espérances en montrant que ce type de traitement peut être utilisé à la fois pour prévenir et traiter la maladie», commente de son côté Nick Cammack, expert de la cellule de recherche sur la COVID-19 de la fondation britannique Wellcome.

Les anticorps de synthèse, injectés en intraveineuse, imitent ce que le système immunitaire fait après la contamination par le coronavirus, en allant bloquer la pointe du virus qui lui permet de s'attacher aux cellules humaines et de les pénétrer.