/news/faitesladifference

Le Québec avant Bolsonaro!

Photo courtoisie

Le commerce international a contribué à la modernisation économique du Québec. Le Bloc québécois y adhère et soutient l’ouverture commerciale. Cependant, si un accord de libre-échange présente certains périls pour le Québec, nous pointerons ses aspects les plus négatifs et nous nous y opposerons.

Le Canada est en discussion avec les pays du Mercosur (Marché commun du Sud : Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) en vue d’en arriver à un accord de libre-échange. Nous analyserons rigoureusement cette entente potentielle. Notre réflexion débute néanmoins avec scepticisme. Force est de constater qu’un tel accord n’est nullement une urgence pour le Québec et qu’il soulève davantage de craintes que d’espoirs.

Des inquiétudes

La forêt amazonienne est le «poumon de la planète», rendant notre air plus respirable et contribuant à préserver le climat en emmagasinant le carbone dans ses milliards d’arbres. Or, l’Amazonie est traversée par de féroces incendies qui menacent les peuples autochtones qui y habitent, ainsi que plusieurs formes de vies animales et végétales. 

Le président brésilien Jair Bolsonaro est connu pour son démantèlement de politiques environnementales. Le Canada doit-il récompenser la destruction de l’Amazonie par un accord de libre-échange qui empirerait la situation? 

Une étude de 2020 a montré que la majorité des incendies survenus dans la région amazonienne était liée à la présence d’industries agroalimentaires (principalement l’élevage bovin) et dans des terres ciblées par de potentiels acheteurs. Le Mercosur souhaite exporter chez nous une viande produite dans des conditions écocides, et un éventuel accord risque d’en assurer une présence importante dans nos épiceries.

Ce futur accord soulève également des inquiétudes pour nos éleveurs de volaille. Il serait difficile pour eux de rester compétitifs face au premier exportateur de poulet au monde, dont les coûts de production sont infiniment plus faibles que les nôtres. 

Le Brésil abrite de gigantesques fermes où les employés se contentent de salaires ridiculement bas. Fruit de la géographie, le climat boucle la boucle de l’avantage brésilien dans le secteur : la chaleur autorise des coûts de chauffage beaucoup plus faibles qu’en terre hivernale, et permet de procéder à deux récoltes de grains par année, réduisant ainsi également les coûts en nourriture.

Transparence

Ottawa a toujours exigé que nous lui signions un chèque en blanc dans ses négociations secrètes d’accords de libre-échange. En décembre, il demandait au Comité permanent sur le commerce international d’étudier l’accord entre le Canada et le Royaume-Uni... sans en fournir le texte! C’est pourtant Ottawa qui était prête à abandonner l’aluminium dans le cadre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, et qui a sacrifié le modèle agricole québécois à trois reprises. Le Bloc n’est ainsi pas spontanément porté à lui accorder une confiance aveugle.

 

Des négociations transparentes, l’exclusion totale des secteurs sous gestion de l’offre de la table des discussions, et une explication claire de la part d’Ottawa sur la façon dont il compte s’assurer qu’un accord de libre-échange n’accentuera pas la déforestation : nos conditions sont claires.

Simon-Pierre Savard-Tremblay,

Député de Saint-Hyacinthe—Bagot & porte-parole du Bloc québécois en Commerce international.

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?