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Quand la peur de la faillite se transforme en signal d’agir

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Illustration Adobe Stock

Martine, 52 ans, est séparée de son conjoint et mère de deux adolescents. Elle a un emploi stable et estime que sa situation financière est au beau fixe... jusqu’à ce qu’elle effectue certains calculs.

Martine s’est demandé si ses finances personnelles se portaient si bien que ça. Après tout, elle s’est beaucoup gâtée en 2020 et elle a « dépensé ses émotions ».

Tout d’abord, elle s’est offert un nouveau véhicule qui lui coûte désormais 500 $ par mois, alors que le précédent était entièrement payé. Elle a aussi beaucoup dépensé en magasinant en ligne et s’est également offert un ensemble de patio de 3000 $, financé sur trois ans sans intérêts. Tous ces achats à crédit ont fini à peser lourd dans son budget.

Une analyse révélatrice 

Pour en avoir le cœur net, Martine décide de mettre de l’ordre dans ses factures et de calculer la progression de son endettement. Elle découvre ce qui suit :  

  • Au 31 décembre 2018, elle a un solde de 4522 $ sur ses trois cartes de crédit.  
  • Au 31 décembre 2019, le solde est de 12 787 $ (+ 8265 $).  
  • Au 31 décembre 2020, le solde est de 24 461 $ (+ 11 674 $).  
  • TOTAL : 27 461 $ (incluant 3000 $ pour ses meubles de jardin).    

Elle réalise que même si elle paye religieusement le montant minimum sur ses cartes de crédit – 733 $ par mois, dont 405 $ uniquement en intérêts – à ce rythme, elle ne viendra jamais à bout de ses dettes. « Beaucoup de gens pensent que tant que leurs paiements sur leurs cartes de crédit sont à jour, tout est sous contrôle. 

Or, c’est l’inventaire du solde de nos dettes qui devrait plutôt nous guider dans l’évaluation de notre situation financière », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin et Associés. Dans le cas de Martine, l’analyse de ses relevés démontre clairement qu’elle paye encore pour des biens achetés en 2018, et même auparavant. Il est vraiment temps de donner un sérieux coup de barre !

Éliminer les dettes de cartes de crédit 

Après avoir effectué l’inventaire de ses dettes, la prochaine étape est de faire un budget. « En ajoutant son revenu d’emploi aux allocations, Martine touche 4600 $ mensuellement. En préparant son budget, nous avons constaté qu’elle est en mesure de dégager une somme de 900 $ par mois qu’elle peut consacrer au remboursement de ses dettes », précise Pierre Fortin. 

Il lui a aussi conseillé de demander à son institution financière une marge de crédit personnelle de 30 000 $ afin de rembourser sans délai les 24 461 $ sur ses cartes de crédit, sur lesquelles courent 19,9 % d’intérêt. Le prêt pour son ensemble de patio étant sans intérêt, elle continuera de le payer mensuellement.

Résultat, Martine passe de frais d’intérêt de 405 $ par mois à 173 $ seulement, car le taux sur sa marge de crédit est moindre que sur ses cartes. « De plus, si elle réussit à maintenir le cap en payant 800 $ par mois pour sa marge de crédit et 100 $ pour ses meubles de jardin, dans 35 mois, elle aura tout remboursé. 

Par la suite, sa marge de crédit pourra lui servir de coussin de sécurité en attendant qu’elle ait mis de l’argent de côté à cet effet », mentionne Pierre Fortin. Il lui a aussi conseillé de ne pas conserver plus de deux cartes de crédit et d’éliminer la plus récente, les anciennes étant plus favorables à son dossier de crédit, mais surtout, de les utiliser comme des outils de paiement et non de crédit.

Rappels 

  • L’augmentation de votre endettement année après année ou trimestre après trimestre est un indice que vous dépensez plus que vous ne gagnez.  
  • Vous ne disposez pas d’un coussin financier pour pallier les imprévus. C’est une véritable bombe à retardement qui explosera en cas de perte d’emploi, de maladie ou de dépense importante, par exemple.  
  • Vous accumulez les soldes impayés sur vos cartes de crédit. Ce faisant, vous jetez littéralement votre argent par les fenêtres en payant des intérêts élevés, mois après mois. Un prêt personnel ou une marge de crédit est moins coûteux en intérêts.  
  • Vous n’avez pas fait de budget. Cela équivaut à naviguer à vue dans le brouillard, en espérant ne pas rencontrer un obstacle sur sa route !