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Saint-Henri-de-Taillon, un an après le décès des motoneigistes français

C’était le calme plat en ce 21 janvier à la hauteur de la Plage Belley à Saint-Henri-de-Taillon, un an après le décès de six motoneigistes qui avaient sombré dans les eaux du lac Saint-Jean.

À la même date l’an dernier, l’endroit était le point de mire du Québec.

Pendant 16 jours consécutifs, un poste de commandement de la Sûreté du Québec (SQ), des plongeurs et des hélicoptères étaient présents pour rechercher cinq motoneigistes français et leur guide qui avaient été engloutis dans la rivière Grande-Décharge, à l’embouchure du lac Saint-Jean.

Les trois autres membres du groupe de touristes avaient alors évité le pire.

«C’était le brouhaha!», se souvient un résident. «Le trafic, les policiers...»

«C’est un événement qui nous a saisis, tellement c’était triste», a ajouté une autre.

Maxime Fortin était chef aux opérations du service des incendies d’Alma lorsqu’il a reçu l’appel: l’information préliminaire faisait état de 5 motoneigistes perdus sur le lac.

«Le point de rencontre était au dépanneur (NDLR: À trois kilomètres de la plage pour accéder au lac)», a-t-il relaté un an plus tard. «Sur place, l’un des rescapés nous a parlé d’une île avec une croix. On a alors demandé aux secours de se rendre à la plage Belley».

Il est alors 20 h. Les appels des secouristes restent sans réponse. À un kilomètre et demi de leur point de départ, ils ont un indice du drame.

«On a vu des bagages et de l’équipement flottant sur l’eau vive», a-t-il raconté. «On a marché vers l’avant, et on a vu une lueur au loin.»

«C’était le casque de motoneige que le guide (NDLR Benoît Lespérance) portait encore. Le corps était accroché sur la glace, inanimé, en hypothermie... »

Jessica Tremblay est coroner depuis moins de deux mois quand elle reçoit son mandat en pleine nuit. Son rapport sera prêt au printemps prochain.

«C’est une longue enquête en raison des éléments à approfondir: autopsie, analyses toxicologiques, état mécanique des motoneiges», a-t-elle expliqué.

La signalisation avait été soulevée comme cause possible de l’accident. Or, le cortège ne circulait pas sur un sentier balisé en bordure du lac, mais bien directement sur celui-ci. Ils n’ont jamais pu emprunter la fourche qui les aurait conduits à leur destination, à St-Gédéon, malgré un détour plus long.

«Personne ne nous a demandé de corriger la signalisation», a indiqué le président du club de motoneige lac Saint-Jean, Daniel Simard. «La signalisation est adéquate. Le lac Saint-Jean n’est pas un sentier balisé.»

«J’ai une bonne idée de ce qui a pu se produire, mais je garde mes conclusions pour mon rapport», s’est limité à dire la coroner.

Au moment de l’accident, la ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, assumait l’intérim de la Sécurité publique, pendant le congé de maternité de Geneviève Guilbeault.

«Depuis l’accident, on veut s’assurer que les guides connaissent bien les régions dans lesquelles ils amènent des touristes», a-t-elle avancé.

Deux des survivants français ont décliné notre demande d’entrevue.

La tragédie rappelle l’importance de toujours circuler sur les sentiers balisés.