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Un ancien adepte de QAnon se confie

Photo d'archives, AFP

S’il est facile de sombrer dans les théories du complot, il est possible de s’en sortir d’après un ancien conspirationniste.

«Moi, j’ai été chanceux de m’arrêter là et de ne pas faire comme les autres et couper des ponts», a témoigné Olivier Simard, un étudiant en sciences politiques de 24 ans, à propos de son adhésion et de sa sortie de la mouvance QAnon.

Olivier a raconté jeudi au micro de Geneviève Pettersen, à QUB radio, qu’il avait adhéré aux théories QAnon, un mouvement croyant à un réseau mondial pédosataniste, lors d’une période plus sombre de sa vie en 2018.

«C’est beaucoup l’aspect en dehors de la réalité qui était attirant pour moi, ça me permettait de « focuser » ailleurs que sur ma vie, a expliqué l’étudiant. Dans ce temps-là, j’en avais vraiment besoin.»

«C’est assez épeurant»

Après près d’un an à suivre ces théories sur des forums prisés par les conspirationnistes comme 4chan, l’ancien complotiste a réalisé que ces croyances «extrêmes» commençaient à l’éloigner de ses proches.

«Je savais que c’était des idées beaucoup poussé à l’extrême, j’avais encore un certain pied dans la réalité», a résumé Olivier Simard.

C’est cette peur de s’isoler qui l’a finalement poussé à agir.

«Je ne voulais pas perdre les relations que j’avais avec certaines personnes.»

Possible de s’en sortir

L’ex-adepte de conspirations a réussi à s’extirper de ce véritable trou noir près d’un an après son adhésion à la mouvance QAnon.

«Ça prend une énorme dose d’humilité pour se regarder dans le miroir et se dire où est-ce que je suis rendu avec ça, pourquoi je fais ça, où que ça s’en va», a-t-il affirmé.

«Pour m’en sortir, j’ai décidé de continuer à m’informer sur les médias traditionnels, j’ai demandé de l’aide psychologique et j’en ai parlé avec des proches.»

Le jeune homme croit cependant que la pandémie aurait grandement compliqué son retour à la réalité.

«Je ne crois pas que j’aurais été capable de m’en sortir, parce que les contacts physiques sont tellement limités, a expliqué le résident de Québec. C’est un terreau fertile parfait pour développer ce genre de croyances.»

S’adressant autant aux complotistes qu’à leurs proches lors de son entrevue, le jeune homme a toutefois insisté sur la possibilité de s’en sortir.

«Je leur dirais de ne pas avoir peur de la réaction du monde, je leur dirais d’avoir le courage de voir le positif dans l’humanité, de voir l’amour qu’on peut avoir pour les personnes même s’ils ont sombré complètement dans le délire conspirationniste», a-t-il fait savoir.

«Il y a une lumière au bout du tunnel tout le temps», a conclu l’étudiant.

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