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Hank Aaron est décédé

Le légendaire joueur de baseball Hank Aaron est décédé, vendredi matin, à l’âge de 86 ans.

Auteur de 755 circuits en carrière, l’Américain fait définitivement partie des plus grands de son sport, aux côtés des Babe Ruth et Willie Mays, pour ne nommer que ceux-là.

«Encore aujourd’hui, je considère que c’est lui qui détient réellement le record du plus grand nombre de circuits», tranche le Québécois Claude Raymond, qui a été le coéquipier d’Aaron, d’abord chez les Braves de Milwaukee (de 1961 à 1963), puis avec les Braves d’Atlanta (de 1967 à 1969).

Officiellement, c’est le controversé Barry Bonds, convaincu de dopage, qui est le meneur avec 762 longues balles. Aaron aura été au sommet entre 1974 et 2007 après avoir devancé Ruth.

«Hank a réussi tous ses circuits sans tricher», ajoute l’ancien lanceur québécois.

«Un coéquipier extraordinaire»

Parmi ses multiples exploits, Raymond se souvient particulièrement d’une «bombe» d’Aaron réussie dans l’uniforme de Milwaukee contre les Phillies de Philadelphie au début des années 1960.

«Hank était venu me voir et m’avait donné une tape sur le genou. Le lanceur adverse était Jack Baldschun, un spécialiste de la balle tire-bouchon. Avant d’aller frapper, Hank m’a regardé et m’a dit qu’il allait obtenir la victoire. Il m’a prévenu qu’il allait volontairement mal paraître sur les deux premiers tirs, mais qu’il allait frapper un circuit sur le troisième lancer. Il a tout prédit correctement.»

«C’est le meilleur joueur avec qui j’ai joué, c’est sûr, et c’était un coéquipier extraordinaire, toujours disponible, poursuit Raymond. Au bâton, il pouvait frapper dans tous les champs et en défensive, comme voltigeur, il savait où se placer et était capable de voler de nombreux coups sûrs à l’adversaire.»

Combattre le racisme

En plus de son jeu sur le terrain, l’Afro-Américain a aussi été un exemple de résilience, à une époque où le racisme sévissait largement aux quatre coins des États-Unis.

«Quand on allait jouer sur la route, il ne pouvait pas nous accompagner partout et il fallait le débarquer dans le quartier noir, se rappelle tristement Raymond. Je me souviens aussi qu’il m’avait amené, après un match à Atlanta, dans un restaurant où j’étais le seul Blanc dans la place et il m’avait tout de suite mis à l’aise. Il ne voulait pas que je sois regardé différemment comme cela lui est si souvent arrivé.»

Au début des années 1970, durant la course au record de circuits de Babe Ruth, Aaron avait d’ailleurs reçu des menaces de mort.

«À sa manière, il a fait avancer la cause du racisme», ajoute Raymond, le qualifiant d’homme très très calme.

Meneur pour les points produits

Forcément aidé par ses 755 longues balles, celui qu’on a surnommé «Hammer» mène toujours l’histoire du baseball majeur avec 2297 points produits en carrière. Il a joué un total de 23 saisons, complétant avec une moyenne au bâton globale de ,305 et remportant la Série mondiale une fois, en 1957, avec les Braves de Milwaukee.

Intronisé au Temple de la renommée du baseball en 1982, Aaron a aussi un prix à son nom, remis annuellement par le baseball majeur aux meilleurs joueurs offensifs dans la Nationale et dans l’Américaine.

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