/news/coronavirus

Hommage à un employé de la santé mort de la COVID

Les employés du CISSS-du-Nord-de-l’Île-de-Montréal sont en deuil à la suite du décès d’un de leur collègue qui a succombé à la COVID-19.

Jean Rigaud Fontaine, un auxiliaire au service de santé à domicile âgé de 72 ans, a reçu son diagnostic de COVID à la fin décembre. Le père de famille monoparentale pratiquait son métier depuis plus de 24 ans.

M. Rigaud Fontaine a été contaminé par un de ses patients qui a contracté le coronavirus. L’homme s’était par la suite placé en isolement, mais a reçu son résultat positif quelques jours plus tard.

Son état de santé s’est dégradé dans les jours voire les semaines qui ont suivi. Le septuagénaire a rendu l’âme vendredi dernier.

«Ce qu’il voulait vraiment, c’était d’aider son prochain. Être sûr que les gens autour de lui étaient confortables, étaient bien, raconte sa fille Sophia Chérubin. 

Selon sa fille, Jean Rigaud Fontaine était passionné de son travail. Il s’y donnait cœur et âme.

«C’est sûr que c’est quelque chose qui lui tenait à cœur. Puis il a laissé un impact très très positif sur les gens autour de lui», mentionne Mme Chérubin.

«Je crois que l’expression ''avoir la main sur le cœur'' a été conçue spécialement pour lui», ajoute-t-elle.

Du fait qu’il se savait dans un milieu très à risque de contamination, M. Rigaud Fontaine prêchait par la prudence et respectait les mesures sanitaires mises en place, indique Sophia Chérubin.

Or, depuis le début de la pandémie, le syndicat des auxiliaires au service de santé, demande plus de mesures pour protéger les travailleurs puisqu’ils se promènent de maison en maison pour procurer des soins aux patients.

Le syndicat dénonce d’ailleurs que les quelque 6000 employés qu’il représente n’ont pas accès à des jaquettes de protection.

Depuis le début de la pandémie, les syndicats réclament de meilleurs équipements pour ces travailleurs qui vont de domicile en domicile et qui ne portent pas de survêtement.

«On est dans le secteur de la santé. On devrait être les premiers les plus protégés. On s'en va à la guerre avec un "sling shot"», s'exclame un de ses collègues

«C'est pas normal qu'après plus de 10 mois de pandémie, on ait à encore une fois faire face à des horreurs et des décès», ajoute Alexandre Paquet du syndicat du CISSS-Nord-de-l'île-de-Montréal.

Leur association voudrait qu'ils soient tous équipés comme si chaque résidence était en zone rouge.

«La ventilation. C'est aérosol. Imaginez à domicile, la ventilation. Ça passerait pas les tests de la CNESST. Donc, pourquoi être toujours sur la ligne? Pourquoi de ne pas être pro précautions, pro prévention?» s'interroge Nathalie Bourque de l'Association des auxiliaires en service de santé et sociaux.