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«Je ne savais plus si je voulais vivre» : Léa Stréliski s'ouvre sur la détresse qu'elle a vécue

L’auteure et humoriste Léa Stréliski s’est ouverte avec beaucoup de générosité, vendredi, sur les défis de santé mentale qu’elle a dû surmonter au cours de la première vague de la pandémie durant laquelle, de son propre aveu, elle «s’est approchée du gouffre».

Dans un texte touchant publié dans l’Actualité, celle dont le métier est de nous faire sourire confie qu’elle avait perdu le sien, au point d’être «proche de ne plus vouloir vivre».

«Je ne voulais pas mourir, mais je ne savais fondamentalement plus si je voulais vivre. J’étais déstructurée, a-t-elle raconté en entrevue avec Julie Marcoux à LCN. Je pense que la pandémie nous a fait perdre un certain sens. Mon message, c’est de dire que c’est normal gang qu’on soit mêlés!»

C’est au cours de l’été que la maman de trois enfants a «flanché». Après des mois d’incertitudes et d’angoisses, les crises de panique autrefois ponctuelles sont devenues quotidiennes, l’empêchant carrément de fonctionner.

«Ça te handicape complètement. C’est comme si tout ton système d’alarme, qui généralement te sert à survivre, était déréglé et te faisait voir des scénarios catastrophes constamment», explique-t-elle.

Son conjoint travaillant en milieu hospitalier, la peur du virus n’était jamais bien loin. Et avec trois enfants à la maison, le stress a atteint des niveaux inégalés.

«Mon grand stress, c’était de ne pas pouvoir m’occuper de mes enfants, mentionne-t-elle. Je pense que c’est quelque chose qui résonne chez tous les parents. Il arrive un moment où tu te dis que tu ne peux pas flancher et ça ajoute au stress.»

Le suicide survenu plus tôt ce mois-ci d’une urgentologue et mère de 35 ans, épuisée par la pandémie, a profondément bouleversé Léa Stréliski.

«Je ne peux pas me mettre à la place de tout le monde, mais je sais qu’une mère qui se suicide, c’est forcément parce qu’elle se dit quelque part que ses enfants seront mieux sans elle, parce qu’elle est rendue à un point où elle ne sait tout simplement plus fonctionner», s’attriste-t-elle.

Si l’humoriste se porte mieux aujourd’hui, c’est en partie parce qu’elle s’est tournée vers des services professionnels pour «réparer son cerveau».

«Quand tu répares ce qui ne va pas très bien dans ta tête et que tu retrouves un sens de toi, ça fait que tu vas mieux. Je sais que c’est ce qui m’a aidée. Ça et l’amour des gens autour.»

Besoin d’aide?

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