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«J’étais le petit comique de la famille» - Pierre-Yves Roy-Desmarais

Dario Ayala / Agence QMI

Ces dernières années, Pierre-Yves Roy-Desmarais s’est frayé un chemin dans le cœur du public en participant à différentes émissions jeunesse comme «ALT», «Code G» et «Conseils de famille». Il s’est aussi fait remarquer grâce à la websérie «Le livreur».

Drôle et pertinent, il chante et sait jouer de plusieurs instruments. Cet hiver, il est aux côtés de Pier-Luc Funk et d’Hélène Bourgeois Leclerc à l’émission «Sans rancune», à TVA. Entrevue avec ce nouveau visage de l’humour.

Pierre-Yves, que représente pour toi ta participation à «Sans rancune»?

Je me sens choyé. Ça me fait vraiment plaisir de faire partie d’un aussi beau projet qui nous permet de faire plein de choses, comme de la comédie, du «stand-up», ou de la chanson. Je suis chanceux de faire de la télévision en cette période où présenter de l’humour sur scène est pratiquement impossible. C’est une belle émission de variétés, vraiment intéressante à faire. Comme nous tournons devant public, je retrouve la même adrénaline que lorsque je fais de la scène. Ça me nourrit.

L’animateur de cette émission est ton bon ami Pier-Luc Funk. Qu’est-ce que ça représente pour toi de travailler avec lui?

J’adore! Pier-Luc est un vieil ami. Dans la vie, nous nous amusons beaucoup ensemble et nous nous faisons rire mutuellement. C’est donc un grand plaisir de me retrouver sur le même plateau que lui. Je le trouve impressionnant, tellement il est en contrôle. Même chose pour Hélène Bourgeois Leclerc, que je ne connaissais pas, et avec qui ça a vraiment cliqué. Cette fille-là est très drôle et elle peut tout faire, ça m’impressionne. Collaborer avec deux artistes aussi polyvalents est un avantage: ça me permet d’apprendre encore plus mon métier.

On te voit de plus en plus, autant sur scène qu’au petit écran. Comment est née cette envie de faire de l’humour?

Quand j’étais très jeune, c’était déjà clair pour moi. À 11 ans, je savais que je voulais devenir humoriste. Je suis le plus jeune de trois enfants et j’étais le petit comique de la famille. Ça m’a suivi, et je n’ai jamais décroché de cette idée. Après avoir beaucoup pratiqué l’improvisation, j’ai étudié à l’École nationale de l’humour de 2015 à 2017, puis tout s’est enchaîné. Je me suis retrouvé à la télévision dans des émissions jeunesse et j’ai aussi participé à des galas sur scène. Je suis chanceux, car je n’ai jamais cessé de travailler depuis ma sortie de l’école.

Que retiens-tu de ces trois premières années de carrière?

Ç’a été rocambolesque et tout est arrivé très vite. Je sens que je m’améliore, que j’apprends et que je deviens meilleur. J’ai la chance de pouvoir faire autre chose que de la scène en ce moment, et c’est bien, parce que sinon je serais angoissé et j’aurais très hâte que les spectacles recommencent. Pouvoir pratiquer mon métier à la télévision et à la radio, c’est une vraie joie. Tout a été rapide, mais je ne pouvais pas espérer mieux comme entrée dans le métier.

Qui étaient tes idoles de jeunesse?

Ma passion première a toujours été l’humour sur scène. Mes idoles étaient Louis-José Houde et les Denis Drolet, et j’adorais les Chick’n Swell et ce qu’ils faisaient à la télévision. J’étais aussi attiré par le petit écran parce que j’étais un grand fan d’émissions à sketchs, comme «Les Appendices». Mais c’est certain que le «one man show» est mon but ultime; c’est donc la prochaine étape.

Où en est ce projet?

Je suis plus que prêt! Je vais me lancer dès que la pandémie sera terminée. J’avais déjà commencé à roder mes numéros dans de petites salles et à faire différents tests, nous en étions à préparer la tournée. Mais la pandémie a mis un frein à tout ça. Dès que c’est possible, je vais présenter mon premier spectacle. J’ai très hâte que les gens puissent me découvrir sur scène.

À quoi ressemble ton humour?

Difficile de le décrire... Je ne veux pas me péter les bretelles en disant que ça ne ressemble à rien. J’aime dire que mon humour est très tannant: je vacille entre le “stand-up” traditionnel et la chanson. Ce sera un spectacle très éclaté dans lequel je vais tenter d’utiliser toutes les cordes de mon arc sur scène.

Tu as fait de la télé jeunesse à tes débuts. Que retiens-tu de cette expérience?

Ç’a été ma première école et une expérience incroyable. C’est là que j’ai pu apprendre mon métier. Le public jeunesse est formidable, et c’est vraiment le fun de travailler avec lui. L’émission «14 mille millions de choses à savoir» a été une belle folie et un projet dont je suis vraiment fier. J’ai adoré faire des émissions jeunesse, la réaction des jeunes a été très forte et j’ai développé un beau contact particulier avec eux.

Tu as étudié en télévision. As-tu dévié de ton projet de devenir humoriste durant un moment?

Il y a eu une période où je voulais travailler en télévision. Je voulais être réalisateur, et mon envie d’être humoriste était plus ou moins éteinte. Au cégep, j’ai étudié en musique — je voulais être musicien — et à l’université, je me suis intéressé aux communications. Mais l’humour est assez rapidement revenu au galop. J’ai commencé à suivre des cours du soir à l’École de l’humour tandis que le jour, j’écrivais des textes de stand-up et je préparais mes auditions pour y être admis. Mais la musique est encore là; je joue de plusieurs instruments et ça me sert bien sur scène. Dernièrement, j’ai même lancé un album de chansons humoristiques qui dure moins de 10 minutes, ça s’appelle «Chansons».

Ta carrière a rapidement décollé. Est-ce que ç’a été plus facile que tu le pensais?

Sérieusement, je n’ai pas connu d’années difficiles... J’ai vite trouvé du travail — et je suis content parce que j’ai travaillé fort pour que ça arrive —, mais je me considère chanceux et je suis loin de me plaindre. Donc oui, ç’a été beaucoup plus facile que je croyais. On m’a aussi offert une émission qui avait été taillée sur mesure pour moi, tellement ça me ressemblait: la websérie «Le livreur». J’ai pu y jouer avec beaucoup de grands noms et ç’a été un plaisir.

De quoi es-tu le plus fier à ce jour?

De pouvoir faire des trucs qui me ressemblent. Quand on est un jeune humoriste, on veut travailler, on veut que les gens viennent nous voir en spectacle. C’est un luxe de pouvoir participer à des projets qui me tentent vraiment et qui me font connaître du grand public sans avoir l’impression de faire des compromis. Je suis fier de ça. C’est précieux de pouvoir apporter son univers et de pouvoir rester créatif dans différents projets.

Comment vis-tu la pandémie?

La pandémie, ça m’a éloigné de la scène, à mon grand désarroi. Mais ça m’a aussi amené à explorer ailleurs. Je me suis mis à faire des trucs sur Internet, comme des chansons, et j’aime ça. Ça m’a ensuite apporté plein d’autres possibilités. Ça me permet aussi de garder mon muscle d’écriture humoristique bien développé. Tout ça en attendant de faire un gros «boum» avec mon premier spectacle. Ce sera l’apogée, le projet ultime où le public va découvrir qui je suis à 100 %.

«Sans rancune», mercredi 20 h, à TVA. Pour suivre les activités de l’humoriste: facebook.com/ pierreyvesroydesmarais.