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Pour une commission de l'assemblée nationale sur la monarchie

Après le fiasco Lise Thibault, le fiasco Julie Payette...  

Le nom de ces « honorables » mesdames s'ajoute hélas à une longue liste de vice-rois s'étant signalés, dans l'histoire de notre honteuse monarchie coloniale, comme des personnes à la réputation toxique. Il faut en conclure qu'au-delà des individus, c'est l'institution elle-même qui, structurellement, se trouve frappée d’infamie. Et eût-elle de tout temps attiré des êtres saints et parfaitement exemplaires, il n'en faudrait pas moins l'abolir ; question de dignité nationale, mais aussi de fidélité aux principes démocratiques les plus élémentaires... Chose certaine, nos impôts pourraient servir à des fins autrement plus constructives ! 

Alors que s'achève le règne d'Élisabeth II, il est plus que temps, après deux siècles et demi d’assujettissement à la couronne britanno-canadienne, de faire preuve d'un tant soit peu de vision et d'envergure historique, en abordant franchement, une fois pour toutes – et espérons-le de manière terminale – la question monarchique. À ce chapitre, ces derniers temps, la Barbade et la Jamaïque, parmi tant d’autres anciennes colonies anglaises, nous ont déjà pris de vitesse. 

J'invite donc l'Assemblée nationale à tenir une commission sur le sujet. Rien de trop compliqué ; il faut juste que ça se fasse. Et de grâce, que l'on ne se défile pas en nous ressortant l'excuse classique des priorités du jour, de la petite vie provinciale, de l'intendance ordinaire ou sanitaire – cela dit sans vouloir en diminuer l’importance, bien entendu. Trop souvent, ce genre de prétexte sert à se ménager l’effort de penser et d’agir politiquement sur les questions fondamentales. Comme s'il n'y avait jamais de bon moment pour fabriquer de la grandeur en ce pays-Tanguy qui ne demande qu’à accéder à l'âge adulte... 

Rappelons que dans son fameux manifeste « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », la CAQ s'engageait, entre autres choses, à s'attaquer au poste de lieutenant-gouverneur. Hé bien ! Go, François Legault. 

Photo d'archives, Agence QMI

Maxime Laporte, avocat

Ancien Président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

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