/regional/quebec/quebec

Tramway de Québec: «Il n’y en a que pour Montréal actuellement»

«Frustré» et «tanné» de constater que le dossier du tramway n’avance pas, Régis Labeaume regrette «qu’il n’y en a que pour Montréal» en matière de transport en commun. 

Signe de son impatience, le maire de Québec avait le visage complètement fermé ce vendredi en fin de matinée lors d’un point de presse virtuel où il a été essentiellement question du dossier du tramway et des négociations menées actuellement entre lui et le ministre des Transports, François Bonnardel.   

«Je vois toutes les annonces qui se font à Montréal. C’est de belles annonces. Tout le monde veut le prolongement du REM chez eux. J’ai l’impression qu’il n’y en a que pour Montréal actuellement. On dirait que c’est pertinent à Montréal, mais que ça l’est moins à Québec», a déploré M. Labeaume. 

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

Selon lui, «il faut qu’il se passe quelque chose éventuellement. Je commence à en avoir assez de voir les annonces à Montréal et que chez nous, ça ne bouge pas. Honnêtement, ça commence à m’achaler». 

Transparence  

Affirmant que «les gens de Québec ont le droit de se poser des questions», Régis Labeaume a glissé que «si ça ne se règle pas (avec le gouvernement), je serais totalement transparent avec la population».  

Le maire a soigneusement évité de fixer une date butoir pour la conclusion des pourparlers actuels sur le tracé précis du trawway. Il n’a pas non plus voulu identifier la source du blocage actuel. «Mon interlocuteur c’est François Bonnardel. Ça va très bien. C’est un gars en qui j’ai très confiance. Mais pour le reste, je vous laisse travailler auprès du gouvernement», a-t-il laissé tomber.  

Lors d’un point de presse distinct, organisé quelques minutes plus tôt, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a déclaré «qu’on n’a rien de précis à annoncer ce (vendredi) matin (sur le tramway), mais les discussions se poursuivent. Elles ne sont jamais interrompues. C’est un projet important à Québec. On continue de le faire évoluer à la lumière des conditions sur lesquelles on a toujours été clairs de part et d’autre, entre autres la desserte des banlieues».  

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

Le financement fédéral menacé?  

De son côté, le ministre libéral fédéral, Jean-Yves Duclos, a affirmé que «la situation est sérieuse. On veut éviter de jouer à la roulette russe parce qu’il y a d’autres régions au Canada qui aimeraient bien ‘compétitionner’ pour cet argent-là et d’autres régions au Québec qui aimeraient bien aussi faire avancer leurs projets». 

PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈRE

Faut-il comprendre que le financement fédéral de 1,2 G$ pour le tramway de Québec est menacé? «Dans ce pays-là, il y a plus de demande que d’offre, a répondu Régis Labeaume. À un moment donné, il va falloir qu’on mette le pied à terre et qu’on le confirme. J’ai des noms en tête de mes collègues au Canada qui aimeraient bien mettre la main là-dessus.» 

Tracé à l’ouest «sécurisé»  

Malgré certaines informations selon lesquelles le tracé à l’ouest (secteur Le Gendre) du tramway serait menacé, Régis Labeaume a juré qu’il n’en est rien. «Ça ne m’inquiète pas. Personne ne m’a dit que l’ouest est en doute. Bien au contraire. J’ai lu ça cette semaine. Je ne la comprends pas. Pour moi, l’ouest est sécurisé. C’est même pas un questionnement pour moi», a-t-il assuré. D’après lui, «le projet qui est là c’est celui qu’on a soumis au gouvernement. Il ne peut pas y avoir de changement majeur» 

Le maire a de nouveau insisté sur l’importance d’avoir un terminus dans le secteur Chaudière pour «capter» le trafic routier grandissant en provenance de la région Portneuf.