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Vaccination: des incohérences sur la liste?

Alors que certains refusent de recevoir le vaccin contre la COVID-19, il y en a d'autres qui sont beaucoup trop loin à leur goût sur la liste de priorité. Un homme de Trois-Rivières, avec des poumons gravement malades, trouve incohérent de passer après des gens plus âgés, mais en parfaite santé.

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Denis Bellerose, 59 ans, est un survivant de la tuberculose. Il vit avec une maladie pulmonaire chronique depuis 29 ans. Ses poumons fonctionnent à 18 % et sa situation se dégrade avec le temps. Contracter la COVID-19 serait fatal et le vaccin est sa seule bouée de sauvetage. Pourtant, il se retrouve huitième sur dix dans la liste de priorisation puisqu’il a moins de 60 ans. Un non-sens selon lui.

«Mon frère a 61 ans, il est un ancien athlète professionnel en excellente santé et moi, puisque j’ai 59 ans, je vais me faire vacciner après lui, même si j’ai une maladie pulmonaire et que mon système respiratoire est pratiquement à plat», a-t-il raconté à TVA Nouvelles vendredi.

Et il devra être patient. Selon le recensement de 2017, la Mauricie-Centre-du-Québec comptait 113 311 personnes âgées de 65 ans et plus. Elles seront inoculées avant lui. Monsieur Bellerose comprend que des aînés puissent être vaccinés avant, mais il se demande s’il ne devrait pas y avoir du cas par cas dans certaines situations. Il soutient que le gouvernement a abandonné les gens dans sa situation.

«On est comme sur le Titanic et nous, les handicapés de moins de 60 ans, on regarde le bateau couler sans possibilité d’embarquer dans les canots de sauvetage», a-t-il dit.

Le président de l’Association des pneumologues du Québec, le Dr Antoine Delage, avoue que certaines situations comme celle-ci peuvent paraître aberrantes. Il ajoute que les listes de priorisation ont été mises en place pour traiter des groupes de la société, sans prise en considération des conditions individuelles.

«Si le nombre de vaccins augmente dans les prochains mois, l’option du cas par cas pourrait être envisagée dans certaines situations, mais nous n’avons pas eu de discussions avec le gouvernement jusqu’à présent», a mentionné le Dr Delage.

C'est aussi un stress quotidien pour la conjointe de M. Bellerose. Josée Lemay travaille dans un CPE dédié aux enfants des travailleurs de la santé du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières. Elle avoue ressentir une certaine peur chaque fois qu’elle entre chez elle. Une peur de transmettre un virus qui pourrait tuer son mari.

Pas de changement à court terme  

Questionné sur le sujet, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) soutient que l'âge a été jugé plus important que les maladies chroniques dans l'établissement de la liste de priorités. Une liste qui pourrait toutefois évoluer selon l'arrivage des doses des vaccins dans les prochains mois.