/news/currentevents

Au pénitencier pour avoir fait vivre l’enfer à une aînée

FD-VIOLATION-DOMICILE

Photo d’archives

Un jeune homme des Basses-Laurentides qui a fait vivre l’enfer à une aînée en s’introduisant chez elle en pleine nuit pour la voler a écopé vendredi de cinq ans et demi de détention.

Even Junior Busque a complètement anéanti la vie paisible de Jeannine Vincent et de sa famille le 18 septembre 2019.

« On venait de la précipiter en enfer », a témoigné avec éloquence sa fille Diane Barnabé, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

Jusqu’à vendredi, les proches de la dame de 84 ans n’avaient pas parlé publiquement de la tragédie, qui a ultimement mené à la mort prématurée de l’aînée... qui a succombé à la COVID-19.

Mais lorsque Busque a avoué ses crimes devant le tribunal, il était d’une importance capitale que la juge Kathlyn Gauthier comprenne l’ampleur du drame qu’ils ont vécu.

Leur mère vivait depuis 55 ans dans sa résidence de Sainte-Thérèse, jusqu’à ce que l’accusé y fasse irruption en pleine nuit.

Réveillée par le bruit, l’octogénaire a surpris le voleur, qui l’a ligotée aux poignets et aux chevilles en plus de la bâillonner pour continuer à fouiller la maison. 

Le voyou de 25 ans a quitté les lieux en laissant la petite femme frêle et couverte d’hématomes dans cette position pitoyable.

La conjointe de Busque à l’époque, Myriam Gentile, l’attendait dans une auto. 

« Vision d’horreur »

C’est Mme Barnabé qui a découvert sa mère dans un piètre état le lendemain.

« J’ai eu une vision d’horreur en ouvrant la porte », a-t-elle résumé vendredi.

Mme Vincent a passé 50 jours à l’hôpital et autant en réadaptation.

L’octogénaire, qui rêvait de finir ses jours dans son « petit château », n’a jamais pu retourner chez elle par la suite, ses séquelles lui enlevant toute autonomie. 

Elle a dû aller vivre dans une résidence pour aînés, où ses peurs l’ont suivie.

« Même au 11e étage, elle mettait une chaise devant sa porte. Elle revivait l’agression toutes les nuits », a noté sa fille.

Coup sombre du destin, Mme Vincent a attrapé la COVID dans cet établissement et est décédée en mai dernier, seule. 

« J’ai travaillé 37 ans dans le domaine de la santé. J’ai pris soin des autres toute ma vie, mais je n’ai pas pu l’offrir à ma mère », a tristement résumé Mme Barnabé.

Difficiles excuses

Even Junior Busque a plaidé coupable vendredi à plusieurs chefs d’accusation d’introduction par effraction, de séquestration, de voies de fait graves, de vol et de non-respect des conditions.

« Je regrette beaucoup mon geste. Personne ne mérite de vivre un évènement si traumatisant », a-t-il dit avec difficulté, son regard oscillant entre un bout de papier et la fille de la victime.

Des excuses difficiles à avaler pour Mme Barnabé, lorsque Le Journal l’a questionnée à sa sortie de la salle d’audience. 

« Il a toute la vie devant lui, alors que ma mère n’est plus là », a-t-elle laissé tomber.

À la suggestion des avocats, la juge Gauthier a condamné le jeune homme à cinq ans et demi de pénitencier.

Puisqu’il est détenu depuis son arrestation à l’automne 2019, il lui reste un peu moins de quatre ans à purger. 

– Avec Christian Plouffe


Sa complice, Myriam Gentile, a écopé d’une probation de trois ans l’an dernier.

Entendu au tribunal 

« Ma mère a élevé quatre enfants à bout de bras. Elle nous a facilité la vie pour qu’on aille aux études. En vieillissant, son seul souhait était de continuer à vivre dans son petit château. »

« C’est la chose la plus laide de l’humanité, ce que j’ai vu ce jour-là. Je veux vous faire prendre conscience que faire des choses comme ça, ça bousille des vies. »

– Diane Barnabé, fille de la victime

« Je ne peux pas enlever vos souffrances, mais sachez que je vais devoir vivre avec ça toute ma vie. »

– Even Junior Busque, coupable

« Mme [Barnabé] a tellement bien résumé ce que les gens vivent lors de ces fameuses home invasions. Effectivement, c’est l’horreur de retrouver sa mère de cette façon-là. Quand il y a un étranger qui s’introduit dans une résidence, la vie n’est plus jamais la même par la suite. »

« Ça va être à vous [Busque] de décider si vous causez d’autres tragédies, d’autres horreurs comme ça. Vous avez juste à décider de ne plus jamais revenir ici. »

– Kathlyn Gauthier, juge