/news/coronavirus

Le variant britannique est-il vraiment plus mortel?

Le variant britannique de la COVID-19 est-il vraiment plus mortel comme l’annonçait le premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson ? C’est la question que se posait Jacques Lapierre, virologue à la retraite, samedi.

• À lire aussi: Le variant britannique associé à une plus forte mortalité

S’il semble indéniable que le variant est plus contagieux, M. Lapierre croit qu’il faut faire attention avant d’affirmer qu’il est plus mortel.

«Étant plus contagieux, il infecte plus de personnes. Si notre bassin de personnes [infectées] est plus grand, bien effectivement, ça va se traduire par plus de mortalité. Donc, est-ce que c’est le virus qui est vraiment plus mortel ou est-ce que c’est qu’il y a plus de personnes infectées?» se demande-t-il.

Dans les dernières semaines, d'autres variant du virus sont apparus dans le monde entier, notamment en Afrique du Sud et au Brésil. 

Le variant sud-africain, qui a été identifié dans 23 pays jusqu’à maintenant, retient particulièrement l’attention, car sa mutation pourrait lui permettre de contourner la protection immunitaire conférée par le vaccin.

D’où l’importance de le surveiller très attentivement, note Jacques Lapierre. Lorsqu’il s’agit d’un variant, le virologue indique que les variations sont généralement assez mineures pour que le virus soit reconnu par les anticorps et, en l’occurrence, par les vaccins.

«Si ces variations-là deviennent un peu plus majeures, peut-être dans une autre partie du spicule, ça pourrait faire [en sorte] que les anticorps fabriqués par le vaccin ne reconnaîtraient pas ce nouveau virus-là», explique M. Lapierre.

Ce faisant, la population ne serait pas protégée contre la COVID-19, même si elle est vaccinée.

Les chances de mutation d’un virus sont intrinsèquement liées à la propagation du virus, rappelle le virologue retraité. Il faut ainsi réduire la contamination pour éviter qu’une forme de virus plus résistante au vaccin ne se développe.