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De pharmacien à itinérant en un an

Un pharmacien de 31 ans avec d’importants problèmes de santé mentale et de consommation s’est retrouvé à la rue après avoir été relâché par le système de santé, déplore sa sœur.

«On parle en un an de pharmacien à itinérant, je pense qu’on aurait pu sauver quelque chose», a témoigné Abbie Mondou en parlant de son frère, Benoît Mondou, dont elle a perdu la trace depuis septembre.

La famille de l’homme de 31 ans a pris connaissance de ses problèmes après que celui-ci ait déjà fait quelques crises l’ayant mené à être hospitalisé.

Après avoir constaté l’ampleur du problème, ses proches ont demandé à la cour de l’interner pour éviter que celui-ci perde sa licence de pharmacien.

«Quand nous, la famille, on s’est impliqué, les médecins l’ont arrêté au travail», a expliqué lundi Mme Mondou au micro de Geneviève Pettersen à QUB radio.

«Il n’était plus apte au travail, il n’était même plus fonctionnel avec lui-même, même pour faire les déclarations de ses payes ou de payer ses comptes, c’était impossible».

«Il y avait de la surconsommation là-dedans, autant de médicaments que de drogues, [...] c’était excessif», a poursuivi Mme Mondou.

Incompréhension  

Abbie Mondoux a toutefois été abasourdie de constater que son frère puisse être déchargé à plusieurs reprises de l’hôpital malgré les ordres de la cour, et ce, sans même que la famille l’ayant fait interner soit contactée.

«Comment la loi fonctionne, ça va être sa liberté qui va primer avant sa propre santé et sa propre vie», a expliqué Mme Mondou.

«Faut comprendre que lui, il n’a pas les capacités de s’occuper de lui-même, c’est pour ça qu’il est interné.»

Selon elle, son frère n’aurait peut-être pas suivi la même trajectoire s’il avait été gardé à l’hôpital comme prévu.

«Je ne pense pas qu’on aurait pu le sauver, ça reste que c’est une maladie. Par contre, s’il y avait une autre façon de procéder, si les ordres de cour étaient respectés, je pense qu’il aurait pu être sobre et commencer à prendre sa médicamentation adéquatement, je pense qu’on l’aurait sauvé de la rue.»