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Indignation en France après l'agression d'un adolescent en plein Paris

Instagram: maman_de_yuriy

Les images de l'agression de Yuriy, un adolescent de 15 ans hospitalisé dans un état grave après avoir été passé à tabac à Paris par une bande de jeunes, suscitaient lundi l'indignation en France, alors que l'enquête s'efforce d'éclaircir les motivations de ce déchaînement de violence.

L'enquête ouverte pour «tentative d'homicide volontaire en réunion» examine entre autres la piste d'une agression par une bande de jeunes de cités de l'Ouest parisien et tente d'établir l'origine de la rixe ainsi que le rapport entre les différents protagonistes, selon une source proche de dossier.

L'adolescent a été frappé dans la soirée du 15 janvier dernier alors qu'il se trouvait avec des amis sur la dalle de Beaugrenelle, le toit aménagé d'un centre commercial, face à la Seine, dans un quartier aisé de la capitale.

La diffusion vendredi soir d'une vingtaine de secondes d'images de l'agression sur les réseaux sociaux a suscité un vif émoi.

On y voit une dizaine de jeunes en tenue de sport et blousons à cagoule s'acharnant à coups de pied et de battes ou bâtons sur une personne au sol, avant de l'abandonner.

Plusieurs célébrités, dont le footballeur Antoine Griezmann et l'acteur Omar Sy, se sont émues du sort de la victime, toujours hospitalisée dans un état grave.

«Ces images nous interpellent tous», a déclaré lundi soir au quotidien Le Parisien le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui y voit un signe d'«ensauvagement», «on se dit aujourd'hui que nous sommes (...) face à des actes de sauvagerie».

«Comme partout, il y a ce phénomène de bandes qui se constituent, mais ce qui est nouveau ce sont leurs actes de plus en plus violents», a déploré lui aussi le maire du XVe arrondissement, Philippe Goujeon.

Selon les autorités, ces rivalités entre bandes ont coûté la vie à 6 jeunes en 2017 et 2018. Un total de 83 affrontements ont été recensés en 2020 dans la capitale, contre 159 en 2016, impliquant quasi-exclusivement des hommes, mineurs dans les deux tiers des cas.

En novembre un jeune de 18 ans est décédé dans le nord de Paris lors d'un règlement de comptes entre rivaux. Six hommes, dont 2 mineurs, ont depuis été interpellés et inculpés, notamment pour «meurtre en bande organisée» et «association de malfaiteurs», et écroués.

Dans le cas de Yuriy, la présidence française a annoncé dimanche avoir eu «un échange» avec la mère de l'adolescent.

«Il va un tout petit peu mieux. Se réveille, essaie de s'exprimer», a indiqué celle-ci lundi matin sur BFMTV.

Lundi matin devant le collège de Yuriy, un camarade de troisième l'a décrit à l'AFP comme «gentil, sympa et du genre «dynamique». Le personnel de l'établissement l'a présenté comme un «bon élève», «avec beaucoup d'humour» et sans aucune appartenance connue à une bande de jeunes.