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Israël: heurts entre des ultra-orthodoxes et la police, dix arrestations

Dix personnes ont été arrêtées en Israël après des heurts entre les forces de l'ordre et des juifs ultra-orthodoxes, certains ayant incendié un bus pour marquer leur opposition aux restrictions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19, a indiqué lundi la police locale.

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Dimanche soir, des affrontements ont éclaté dans plusieurs localités et quartiers ultra-orthodoxes, comme à Bnei Brak près de Tel-Aviv, et Mea Shearim à Jérusalem, où des habitants ont manifesté contre les mesures de confinement en vigueur.

À Bnei Brak, un bus a été pris d'assaut puis incendié, et son chauffeur blessé.

Attaque d'un autobus

«Je ne sais pas comment je suis toujours en vie», a-t-il témoigné lundi sur la radio Kan, précisant qu'une cinquantaine de personnes avaient attaqué son bus, jetant des pierres et brisant les fenêtres, après avoir bloqué la route et incendié des poubelles et des pneus.

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«L'un des émeutiers est monté à bord du bus et a commencé à me frapper. Je me suis dirigé vers le fond du bus et je suis tombé à cause du stress, de la peur», a déclaré le chauffeur, Ayal Tzipori, qui a été hospitalisé.

En tout, dix habitants de Bnei Brak ont été arrêtés, a indiqué lundi la police israélienne dans des communiqués, précisant avoir fait face à des «troubles» ayant «mis en péril la vie de secouristes et du public».

«Nous ferons le maximum pour trouver les responsables des actes criminels», a affirmé la police.

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Les pompiers ont indiqué avoir été attaqués à coups de pierres en tentant d'éteindre l'incendie du bus. Lundi après-midi, le calme était revenu, selon un journaliste de l'AFP à Bnei Brak.

Actes dénoncés

Le grand rabbin séfarade d'Israël, Yitzhak Yossef, a dénoncé «l'attitude violente de jeunes qui sont éloignés des valeurs de la Torah».

Il a accusé les responsables d'être des «profanateurs du nom de Dieu», dans une vidéo appelant toutefois les policiers à faire preuve de «retenue».

«Nous ne permettrons pas que des incidents de ce genre se déroulent dans notre ville», a affirmé le maire de Bnei Brak, Meir Rubinstein, cité par le site d'informations ultra-orthodoxe Kikar Hashabat.

Pour beaucoup d'Israéliens, les haredim («craignant Dieu» en hébreu, 12% de la population) sont en grande partie responsables de la circulation du virus dans le pays.

Il y a une semaine, un mariage organisé à Bnei Brak avait fait polémique, car des centaines de personnes s'y étaient rassemblées en dépit du strict confinement en vigueur depuis fin décembre et prolongé jusqu'à fin janvier.

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