/news/society

Le stress derrière les «colères spontanées» constatées en pandémie

La pandémie a fait augmenter le niveau de stress chez de nombreux Québécois qu’il est difficile parfois d’évacuer en raison des restrictions sanitaires et du confinement actuel. 

• À lire aussi: François Legault parle du stress et de la frustration des Québécois

Ce stress qui dure depuis près de 10 mois a des effets directs sur l’humeur des personnes affectées, soutient la chercheuse postdoctorale en psychologie à l’UQAM, Catherine Raymond qui étudie ses effets sur le cerveau.

«Il y a un contexte d’adaptation qui est assez incroyable auquel on n’a jamais eu affaires auparavant», lance d’entrée de jeu la chercheuse en entrevue sur LCN. 

«Notre fameuse réponse biologique qu’on a quand on vit des situations menaçantes est activée chez plusieurs à travers le monde. Les statistiques le démontrent au Québec, les taux de stress sont très élevés actuellement», explique Mme Raymond. 

L’un des symptômes flagrants du stress : les colères spontanées. «On peut sembler plus impatients et avoir la mèche plus courte», exemplifie la chercheuse. 

«En situation de stress on va sécréter plusieurs hormones qui ont une fonction essentielle : nous faire mobiliser de l’énergie. Ça va faire en sorte que si on croise un ours dans la forêt, par exemple, on va avoir suffisamment d’énergie pour le combattre, ou de façon plus adaptée, le fuir. Ces hormones-là peuvent accéder au cerveau et chaque fois qu’elles le font, elles vont venir biaiser notre jugement. C’est ce qui fait qu’on a plus de colères spontanées, on va avoir tendance à ruminer nos stresseurs, faire de l’insomnie le soir quand on couche. Ça peut miner notre humeur et faire en sorte qu’on se concentre plus sur le négatif que sur le positif», détaille la chercheuse. 

De ces effets négatifs engendrés par le stress, Catherine Raymond invite les gens à être indulgents envers eux-mêmes.

«C’est normal de se sentir un peu moins bien qu’à l’habitude. On est dans un contexte qui est particulier. D’une part il faut l’accepter et d’une autre, il faut poser action sur ses symptômes-là», insiste la spécialiste. 

Elle compare le système de stress au système de douleur. 

«Si vous mettez votre main sur le poêle, vous ressentez de la douleur, ça va vous signaler que vous devez poser une action. On va enlever sa main, on ne dira pas ''ça va passer''.»

Elle explique que les symptômes d’humeur changeante provoqués par le stress sont un peu la même chose : c’est un message que le cerveau envoie parce que quelque chose ne fonctionne pas. 

 Pour arriver à se débarrasser du stress on peut faire du sport, de l’activité physique ou tout simplement s’adapter et trouver des nouvelles stratégies, par exemple pour compenser la fermeture de notre gym : faire des activités extérieures. 

«L’action minimale qui est requise en ce moment est de dépenser l’énergie que l’on mobilise en situation de stress. Tantôt on donnait l’exemple de si je crois un ours en pleine forêt : je vais la dépenser cette énergie en courant. Je vais me libérer de cette énergie», précise-t-elle. 

En raison du confinement et du télétravail généralisé, les individus dépensent moins d’énergie, mais sont soumis au stress. 

Pourquoi ne pas faire fermer son écran d’ordinateur une minute et aller faire des «jumping jack» une minute dans le salon pour décompresser et se libérer de cette énergie négative. 

***Voyez l’entrevue avec Catherine Raymond dans la vidéo ci-dessus.***

Dans la même catégorie