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Les juifs hassidiques étaient en infraction, confirme la santé publique après une volte-face

Les juifs hassidiques étaient bel et bien en infraction en permettant des rassemblements dans chacune des salles de leur synagogue, a confirmé la Santé publique après une certaine confusion à la suite d'interventions policières.

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Dans un courriel transmis au Conseil des juifs hassidiques du Québec lundi et obtenu par l’Agence QMI, la directrice de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, leur présente ses excuses pour «les aller et retour des dernières 48 heures» quant aux règles en place.

Les rassemblements simultanés de 10 personnes dans des salles différentes avec des entrées indépendantes, mais dans un même bâtiment, ne sont pas permis selon les règles provinciales en vigueur, a-t-elle tranché.

C’est pourtant le contraire de ce qu’avait indiqué la veille son adjoint, le chef médical au service environnement urbain et saines habitudes de vie de la santé publique, David Kaiser. Toujours par courriel, ce dernier avait indiqué que plusieurs salles d’un même bâtiment pouvaient accueillir 10 personnes de façon simultanée, à condition qu’elles aient toutes une entrée indépendante.

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Un porte-parole du Conseil des juifs hassidiques du Québec, André Picard, dit être «déboussolé» quant aux règles en vigueur. L’organisme entend tout de même demander à ses membres de se plier aux directives de la santé publique.

«On est de bonne foi, on l’a dit. Quand nos gens commentent une erreur comme vendredi soir, on leur demande de rentrer dans les rangs, de respecter le règlement, mais le règlement n’arrête pas de changer», a toutefois déploré André Picard.

Cette volte-face de la santé publique intervient après une fin de semaine marquée par plusieurs interventions policières dans des synagogues d’Outremont, dont une lors de laquelle une centaine de membres de la communauté juive hassidique ont «chargé» les policiers et les ont même traités de «nazis».

Une situation qui est tout simplement «inacceptable», selon Sylvain Caron, directeur du Service de police la Ville de Montréal (SPVM).

«C’est inadmissible, on ne peut pas tolérer des actes de cette nature-là. Le décret gouvernemental sur les règles sanitaires s’applique à tout le monde indépendamment des origines. On a tous un effort à faire dans ce moment historique», a-t-il lancé en entrevue à LCN lundi.

Le SPVM a donné 15 constats d’infractions pour des rassemblements intérieurs illégaux lors de ses interventions du week-end dans des lieux de culte de l’arrondissement d’Outremont où vivent de nombreux juifs hassidiques.

Des chiffres obtenus par TVA Nouvelles montrent aussi que les policiers ont identifié 300 personnes qui feront l’objet d’un rapport d’infraction général.

Par ailleurs, deux individus ont été arrêtés à la suite des interventions du SPVM; l’un pour entrave au travail d’un agent de la paix et l'autre pour avoir proféré des menaces.

Une enquête a aussi été ouverte pour voies de fait contre un policier. Enfin, une dizaine de lieux sont visés par un rapport d’infraction générale à titre de personne morale après l’observation d’infractions.

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