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Peu de Canadiens ont les anticorps du virus de la COVID-19

Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

L’immunité collective contre la COVID-19 est loin d’être une réalité, car seulement 1,5% des Canadiens en santé avaient été exposés au virus responsable de cette maladie en novembre, selon une nouvelle étude de la Société canadienne du sang et du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) du Canada.

Ces résultats ont été obtenus en analysant 33 860 échantillons de donneurs de sang dans toutes les provinces, sauf au Québec, en novembre. Même si ce taux de 1,5 est modeste, il est plus élevé que le 0,88 enregistré en octobre et le 0,70 pour la période de mai à juillet dernier.

«Bien que cela représente le double de ce qui était indiqué dans le rapport préliminaire paru après la première vague en mai et en juin, le taux global de séroprévalence, c’est-à-dire le nombre de personnes ayant des anticorps, ce qui laisse supposer une infection antérieure à la COVID-19, demeure très faible et le Canada demeure très loin de l’immunité collective », affirme Tim Evans, directeur administratif du GTIC.

Cette étude montre par conséquent que la très vaste majorité des gens reste à risque face à la COVID-19, puisqu’ils ne possèdent pas les anticorps pour combattre le virus.

«Même en utilisant la sérologie pour ajouter à notre compte des cas qui n’ont jamais été reconnus par des tests diagnostiques formels, il est évident que la vaste majorité des Canadiens demeurent vulnérables à la COVID-19. Nous n’avons pas d’autre choix que de maintenir des mesures de santé publique jusqu’à ce que l’immunité acquise par la vaccination augmente considérablement», a affirmé la Dre Catherine Hankins, coprésidente du GTIC.

L’Ouest en tête

La proportion de gens ayant les anticorps a fortement progressé dans l’Ouest du pays, là où l’épidémie a fait un bond en automne par rapport à la première vague du printemps.

«Depuis la première vague en mai et juin, la séroprévalence dans les Prairies (Manitoba et Saskatchewan) a quintuplé, passant de 1,69 % à 8,71 %. La séroprévalence en Colombie-Britannique et en Alberta a presque triplé», a mentionné la Dre Sheila O’Brien, directrice adjointe, Épidémiologie et Surveillance, à la Société canadienne du sang.

Par contre, aucune augmentation significative n’a été observée en Ontario et en Atlantique dans la séroprévalence.

La présence du virus est plus fréquente chez les jeunes de 17 à 24 ans dont le taux de séroprévalence de 2,97 % en novembre était le plus élevé. C’est ce groupe d’âge qui a aussi connu la hausse la plus importante depuis la première vague.

«Ces résultats constituent un rappel important que les jeunes adultes, même s’ils sont moins susceptibles de tomber malades à cause de l’infection, doivent prêter attention aux mesures de santé publique, non seulement pour eux-mêmes, mais parce qu’ils sont des vecteurs de transmission», a affirmé le Dr David Naylor, coprésident du GTIC.

Les blancs (1,35 %) étaient également moins touchés que les Canadiens racisés (2,5 %).