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Détresse et anxiété chez les jeunes : «c’est énorme, énorme, énorme!»

Habituellement confrontés à ce temps-ci de l’année à des grippes, des virus respiratoires, des bronchiolites et des éclosions de gastro-entérites, les pédiatres Québécois doivent faire face à beaucoup plus de cas de maladie mentale chez les enfants en raison de la pandémie. 

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«Ce qu’on a vu augmenter de façon fulgurante avec la pandémie, c’est les troubles anxieux, anxiodépressifs, les idées suicidaires. C’est vraiment énorme, énorme, énorme!», rapporte la pédiatre Valérie Labbé en entrevue sur les ondes de LCN.

Toutefois, ces enfants ont du mal à obtenir une place en psychothérapie, alors qu’il s’agit du traitement préconisé pour les enfants, avant la médication. 

«Malheureusement, on a de moins en moins de psychologues dans le système de santé publique. On est bien mal pris», se désole la pédiatre. 

L’une des grandes peurs est de devoir médicamenter ces enfants, mais sans le soutien de la psychothérapie.

«C’est bien reconnu que chez les enfants, la médication seule fonctionne beaucoup moins bien que la psychothérapie. On souhaite avoir accès à des psychologues», insiste-t-elle. 

Des étages remplis

Dre Labbé qui travaille dans un hôpital qui n’accueille pas de cas de COVID constate que les étages de son hôpital se sont remplis de cas d’ordre psychologique.

«Ça nous touche et c’est ce qui nous marque le plus avec la COVID. On a notamment reçu plusieurs enfants avec des problèmes alimentaires sévères, de l’anorexie, qu’on a dû hospitaliser», détaille-t-elle.

Les répercussions des mesures strictes se font donc profondément ressentir chez les jeunes. 

«On souhaite que leurs activités puissent reprendre le plus vite possible. Le plus tôt sera le mieux», juge Dre Labbé.  

Elle conclut en demandant aux Québécois quelle place veut-on accorder à la santé mentale dans notre système de santé, à la lumière des dégâts causés par la pandémie en ces temps difficiles. 

«Présentement, 6% du budget de la santé va à la santé mentale. Ç’a toujours été un peu négligé par rapport à la santé physique. Je pense que c’est le moment de se questionner et lancer un appel au gouvernement», conclut-elle. 

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