/news/coronavirus

Hospitalisé à 14 ans pour des contrecoups de la COVID

La mère d’un ado de 14 ans qui a été hospitalisé avec un syndrome découlant de la COVID-19 rappelle aux gens que ce ne sont pas que les aînés qui sont à risque.

Viktor Rousseau a été hospitalisé au CHUL pendant environ une semaine. Testé positif à la COVID-19 en décembre après une éclosion dans sa classe, le jeune homme en pleine santé n’a développé aucun symptôme du virus. Les impacts se sont plutôt fait sentir à la mi-janvier, sous la forme du syndrome inflammatoire multisystémique.

«Ça a commencé à mal aller à la mi-janvier, des maux de tête, maux de ventre, fièvre. Ils ont pensé que c’était une appendicite, mais ce n’était pas ça. Ils l’ont renvoyé à la maison, mais il est revenu le 20 janvier parce que là, ça n’allait pas», raconte sa mère, Christina da Costa.

«Ça nous a frappés dans la face»

Rapidement, l’état de Viktor s’est dégradé. Raideur nucale, forte fièvre, inflammation du foie, de la rate, des poumons et du cœur, problème de pression, bref un portrait inquiétant.

«Ça nous a frappés dans la face parce qu’on n’avait jamais pensé que ça aurait été aussi intense chez un jeune. Il avait été totalement asymptomatique au virus, on ne s’attendait pas à ça», confie Mme da Costa.

L’adolescent de Québec s’est finalement retrouvé en salle de réanimation tellement son état était sérieux. «Sa pression était tellement basse que son cœur s’est emballé», explique sa mère, précisant qu’un cocktail de corticostéroïdes et d’immunoglobulines, avec la rapidité d’action de l’équipe soignante, avait permis de sauver son fils.

«Ils m’ont dit plusieurs fois qu’on aurait pu le perdre. Ça a changé mes perceptions à 100% face au virus», affirme Christina da Costa, rappelant que ce ne sont pas que les aînés des CHSLD qui sont à risque. «Il faut que les gens le sachent et le réalisent».

Viktor a quitté l’hôpital mardi, mais n’est toujours pas complètement tiré d’affaire. «Pour les séquelles, ça va dépendre de comment va son cœur et de comment il reprend ses capacités», laisse tomber sa mère.

Plus fréquent depuis la COVID

La Dre Marie-Paule Morin, rhumatologue pédiatre au CHU Ste-Justine, confirme que le syndrome inflammatoire multisystémique est plus fréquent dans nos hôpitaux depuis la COVID-19. Le pic des cas juste avant les fêtes a provoqué un pic dans les diagnostics du syndrome, qui demeure malgré tout très rare.

«On a eu une dizaine de cas à Ste-Justine au cours des dernières semaines, dans la majorité des cas, tous des jeunes qui n’avaient eu aucun symptôme de la COVID», explique le médecin, précisant que le syndrome se manifeste le plus souvent trois à quatre semaines après le diagnostic de COVID-19.

Avec l’expérience des derniers mois, les médecins savent maintenant mieux reconnaître la maladie, qui a des ressemblances avec le syndrome de Kawasaki, ce qui améliore son pronostic. Pas traité à temps, des patients pourraient garder des atteintes cardiaques de l’inflammation sévère, mais dans la forte majorité des cas, les jeunes s’en sortent bien rassure la Dre Morin.

«Ça demeure important d’en parler parce que ça existe. Il faut être attentif aux symptômes, bien souvent les parents ont le flair pour ça. Si la fièvre persiste par exemple, il faut consulter, on doit garder une certaine vigilance», indique la spécialiste.

Qu’est-ce que le syndrome inflammatoire multisystémique chez l’enfant (SIME)?    

  • Serait une hyperréaction du système immunitaire déclenchant une tempête inflammatoire chez l’enfant  
  • Survient habituelle entre 3 et 6 semaines après le diagnostic de COVID-19  
  • Le lien de causalité avec la COVID-19 reste à établir, mais le lien temporel lui, est certain. Chaque pic du virus provoque un pic du syndrome  
  • Un très faible taux de cas de COVID-19 se transforme en SIME