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Place aux témoins au procès de Tony Accurso

GEN

Photo d’archives, Martin Alarie

Après huit ans d’attente, la preuve au procès pour fraude de l’ex-magnat de la construction Tony Accurso a finalement débuté lundi, avec les témoignages d’agents du fisc fédéral qui avaient mené des perquisitions d’envergure afin de coincer l’entrepreneur déchu.

« Il y avait beaucoup de participants », a témoigné une ancienne enquêteuse depuis retraitée, tandis qu’un autre témoin se rappelle avoir été envoyé chercher des documents compromettants dans les bureaux d’Accurso lui-même, au siège de l’entreprise Simard-Beaudry, à Laval.

D’ici la fin du procès en juin, la Couronne fédérale tentera de prouver qu’Accurso devrait être déclaré coupable de fraude, d’abus de confiance et de complot. 

Deux anciens fonctionnaires de l’Agence du Revenu du Canada, Antonio Girardi et Adriano Furgiuele, sont également accusés, tout comme l’entrepreneur Francesco Bruno et le comptable Francesco Fiorino.

Selon la preuve de la Couronne fédérale, Accurso et Bruno auraient utilisé un système de fausse facturation afin de transférer des fonds d’entreprises légitimes dans des coquilles vides. L’argent était ensuite transféré dans des comptes bancaires à l’étranger, dans le but de corrompre les agents du fisc en leur versant 740 000 $.

Le comptable Fiorino n’aurait pas participé à cette opération d’évasion fiscale, mais il aurait facilité l’exécution du plan.

D’après la Gendarmerie Royale du Canada, ce stratagème aurait permis à Accurso d’épargner 3 millions $ en impôts jusqu’à son arrestation en 2012.

Perquisitions 

Lundi, les témoins sont essentiellement venus expliquer leur participation dans une série de perquisitions en 2007 et 2008, dont l’une chez Bruno, où ont été saisis des contrats de prêts avec une compagnie basée à Monaco. 

Au total, plus de 70 témoins sont attendus à la barre d’ici les cinq prochains mois. Le procès devait au départ être plus court, mais les mesures sanitaires en raison de la pandémie ont ralenti le processus.

Accurso n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice, lui qui a déjà été déclaré coupable devant jury d’avoir participé à un complot pour corruption dans les affaires municipales de Laval. Il a porté en appel tant le verdict que sa condamnation à quatre ans d’incarcération.