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Procès de Michel Venne: la crédibilité de la plaignante attaquée

La conversation que la plaignante de Michel Venne a enregistrée à l’insu de Lise Payette alors que cette dernière lui aurait «suggéré» de ne pas porter plainte contre l’ancien journaliste et éditorialiste du Devoir aurait fait l’objet de «15 à 17 coupures» avant d’être remise aux policiers.  

La version audio de cet enregistrement, effectué en octobre 2014 entre la présumée plaignante et l’ancienne ministre de la Condition féminine, a été entendue une première fois lors de l’enquête préliminaire de l’homme de 60 ans.  

Ce dernier est accusé d’exploitation et d’agression sexuelle à la suite d’un événement survenu en août 2008 à Québec, à l’égard de la jeune femme alors âgée de 17 ans. 

Après que les avocats de la défense eurent demandé s’il s’agissait de la version intégrale, la jeune femme avait été obligée d’admettre qu’elle avait retiré «le début et la fin» puisqu’elle trouvait l’enregistrement de 22 minutes «un peu longuet».  

Depuis, la version complète a été transmise à la défense et, mardi, Me Lida Sara Nouraie a tenté d’attaquer la crédibilité de la plaignante. 

Enregistrement modifié

Dans un exercice un peu compliqué et laborieux, Me Nouraie a comparé les deux versions en demandant, à chaque fois, à la plaignante pourquoi elle avait enlevé certains bouts de la conversation, ce qui totalise «entre 15 et 17 coupures».  

«Je veux qu’on garde en tête qu’au départ, je faisais cet enregistrement-là pour mes archives et ma dénonciation publique. Les manipulations n’ont pas été faites dans le but d’un procès éventuel», a répondu le témoin avant de se pencher, avec l’avocate, sur chacune des différences observées par la défense.  

Inattaquable

«Dans la version complète, on entend Madame Payette dire que c’était votre idée d’écrire une lettre d’excuse à M.Venne, mais dans la première version, vous avez enlevé ce bout-là. Pourquoi?», a questionné l’avocate.  

«Ça pouvait donner l’impression que je donnais mon consentement à la lettre. Sur le coup, je ne l’ai pas confronté, mais, plus tard dans la conversation, je l’ai fait. Quand j’ai coupé ce bout, je me disais qu’ainsi, je ne pourrais pas être attaquable», a répondu la jeune femme en ajoutant avoir voulu «recentrer le message sur l’essentiel». 

Le contre-interrogatoire de la plaignante doit se poursuivre, mercredi, et s’il se termine, le deuxième témoin de la Couronne, un ami de la présumée victime qui a reçu des verbalisations, devrait être entendu.