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Un guet-apens pour tuer son propre père

Jérémie Fortier-Grenier<br>
<i>Accusé</i>

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Jérémie Fortier-Grenier
Accusé

Un Montréalais accusé d’avoir assassiné son père avant de jeter le corps dans un boisé aurait soigneusement planifié son coup, pour ensuite appâter sa victime sous un faux prétexte et le tuer de 32 coups de couteau. 

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«La victime croyait à tort reprendre contact avec son fils et lui rendre service alors que ce dernier avait plutôt planifié sa mort», a expliqué la procureure de la Couronne Me Claudine Charest, à l’ouverture du procès de Jérémie Fortier-Grenier, ce mardi au palais de justice de Montréal.

Fortier-Grenier, 26 ans, est accusé du meurtre prémédité de son père Richard Grenier en mai 2018, ainsi que d’outrage à son cadavre. À l’époque, les deux hommes ne se parlaient plus depuis un an.

Richard Grenier

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Richard Grenier

«Tuer quelqu’un»

Or, quelques semaines avant le drame, Fortier-Grenier avait repris contact avec son père. Et lors d’une des conversations, l’accusé aurait mentionné avoir besoin d’aide pour aller chercher des bottes sur son lieu de travail, à Ville-Saint-laurent.

«Il ne travaillait plus là depuis plus d’un mois, et aucun effet personnel n’avait été laissé sur place», a toutefois précisé la Couronne.

Parallèlement, l’assassin allégué aurait fait des recherches internet, en utilisant des mots-clés tels que «comment trancher la gorge de quelqu’un», «tuer quelqu’un» et «enterrer quelqu’un».

M. Grenier, qui ignorait tout du plan allégué de son fils, s’est alors rendu à la rencontre de ce dernier, sans se douter qu’il serait alors violemment assassiné de 32 coups de couteau. 

Selon une pathologiste judiciaire qui devrait venir témoigner lors du procès, la victime portait de nombreuses plaies de défense, laissant croire qu’elle aurait tenté de se protéger des coups de son assaillant.

Gardien de sécurité

Mais si Fortier-Grenier croyait pouvoir agir en toute discrétion puisqu’il était dans un quartier industriel, c’était sans compter sur la présence d’un gardien de sécurité qui trouvait louche le comportement de l’accusé.

Cet agent aurait vu Fortier-Grenier sortir « un objet lourd » du coffre, pour ensuite le voir sortir d’un boisé à proximité. Suspicieux, l’agent aurait suivi l’accusé, afin de noter le numéro de plaque du véhicule.

«À l’aube, l’agent a découvert le corps de la victime [dans le boisé], dissimulé sous un tapis et des roches, a expliqué Me Charest. En état de choc, il composera le 911.»

Couvert de sang

Rapidement, les policiers sont arrivés sur place. Et grâce à des techniques d’enquête, les soupçons se sont tournés vers Fortier-Grenier, qui s’était rendu au chalet de son père, près de Mont-Laurier.

Or, ce que ce dernier ignorait, c’est que sa copine et la mère de celle-ci étaient déjà sur place, dans le but de lui faire une surprise. Fortier-Grenier était alors couvert du sang de la victime, mais il aurait prétexté qu’il s’agissait du vomi d’un oncle atteint de troubles mentaux.

Les deux femmes ne se sont jamais doutées que l’accusé aurait pu tuer son père, puisque Fortier-Grenier leur aurait fait croire que ce dernier avait été tué lors d’une guerre un an plus tôt. Il prétendait alors avoir reçu la voiture et le chalet en héritage.

« L’accusé a ensuite nettoyé la voiture et effacé le contenu du cellulaire de son père », a expliqué la Couronne.

Le procès, présidé par le juge Claude Champagne, est prévu pour durer plusieurs semaines. Fortier-Grenier, qui a plaidé non-coupable, est représenté par Mes Martin Latour et Sabrina Lapolla. On ignore à ce stade-ci s’il présentera une défense.

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