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Un père antimasque perd la garde de son enfant en Estrie

Un élément comme le non-respect des consignes sanitaires peut faire partie des critères importants, dans la décision du juge, pour déterminer si un parent mérite la garde de son enfant, comme l'a appris un père de Sherbrooke en décembre dernier.

Le père en question possédait des opinions antimasques tranchées et allait même jusqu'à dénigrer et discréditer en présence de son jeune les personnes qui se conforment aux mesures sanitaires, apprend-on dans un jugement rendu en décembre dernier, mais publié lundi. L'homme aurait même exposé son enfant à des vidéos de personnes anticonformistes publiées sur les réseaux sociaux.

Même si ce n'est pas la seule raison qui a poussé un juge à retirer la garde partagée à son père, le magistrat de la chambre de la famille a insisté longuement sur cet argument dans sa décision.

L'enfant de 11 ans avait manifesté à de nombreuses reprises son inconfort en lien avec le mode de vie de son père, incluant le fait qu'il est végétalien et qu'il manifestait à l'occasion des comportements inadéquats face à la crise actuelle.

Le juge Claude Villeneuve mentionne dans sa décision que:

«Monsieur néglige et omet sciemment le port du masque en milieux publics, en présence de l'enfant. Il se permet de dire à ce dernier que ceux qui respectent cette consigne sont des "caves" ou des "sans-génie"», a souligné le juge Claude Villeneuve dans son jugement.

«Un tel message correspond à lui inculquer qu'il n'est pas important de respecter la loi ni la santé et sécurité d'autrui», a-t-il poursuivi.

Avec la pandémie qui se prolonge, la capacité d'un parent à donner l'exemple risque d'être de plus en plus soulevée comme argument devant les tribunaux. Ce jugement pourrait ainsi faire jurisprudence dans d'autres dossiers.