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Des résidences pour aînés en seuil critique

La pénurie de vaccin tombe au pire moment pour le Québec, alors que les éclosions se multiplient dans les résidences pour personnes âgées (RPA), le nouveau point chaud de la pandémie au Québec.

Si la vaccination est terminée dans le réseau public des CHSLD, les retards dans les livraisons de vaccins affectent lourdement les RPA, dont une trentaine ont atteint le seuil critique.

Par exemple, à la résidence privée Villa du Roy, en Estrie, 14 résidents sur 20 sont infectés. Il faut évacuer le bâtiment, mais la bataille n’est pas gagnée d’avance, raconte la propriétaire.

«On peut pas sortir un groupe ensemble. On est dans la neige. Ils ont besoin d'aide pour se mobiliser. Puis là, ils sont plus faibles. Ils sont plus chambranlants. Tout le monde en a perdu dans le moment», raconte Christiane Guay.

La situation n’est pas mieux à la résidence St-Philippe de Windsor où 34 des 62 résidents sont infectés.

«Il y a peut-être un proche aidant qui aurait rentré ça, mais tu sais, on peut pas le savoir», indique le propriétaire Réjean Therrien.

Le portrait de la situation est beaucoup plus encourageant du côté des CHSDL. Depuis que tous les résidents ont été vaccinés, à peine 6 établissements se trouvent toujours en zone rouge et on ne compte aucun nouveau cas en 24 h. 

C’est tout le contraire dans les RPA où les résidents n'ont pas encore été vaccinés. Trente établissements sont en zone maximale et on compte 21 nouveaux cas en 24h. En somme, c’est près de la moitié des résidents en zone rouge sont infectés.

«C'est la faute du système qui fait en sorte qu'on n'arrive pas à contrôler le virus, qui s'introduit dans ces résidences. Et quand les résidences ont une gestion un peu relâchée, il s'introduit et il crée des malheurs. C'est-à-dire une épidémie majeure dans la résidence», explique André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite en administration de la santé.

Québec devait commencer à vacciner dans les RPA lundi, mais les retards de livraison de Pfizer retardent le début de l'opération à la semaine du 8 février.

«Vous savez, quand on a des ressources rares, le vaccin, et qu'on doit faire une allocation de ces ressources rares, c'est très difficile. On fait des choix qui sont difficiles», mentionne Roxane Borges Da Silva, professeure à l’école de santé publique de l’Université de Montréal.