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Les adolescents toxicomanes laissés pour compte?

Les demandes d'aide pour les adolescents souffrant de toxicomanie ont diminué de moitié depuis un an en Mauricie et dans le Centre-du-Québec, ce qui inquiète les experts.

Yohan Morin a décroché au début de la pandémie. «Dans ma tête, tu es en classe pour apprendre, t'es pas là pour porter un masque et essayer d'être loin de tout le monde», a-t-il expliqué mercredi.

Maintenant âgé de 16 ans, il travaille 40 heures par semaine et lève le coude plus souvent qu'à l'habitude.

«La drogue, j'en prenais beaucoup ces temps-ci, j'ai diminué un peu, mais là, je prends beaucoup plus d'alcool. J'essaie de diminuer ça aussi», a-t-il poursuivi.

Son père essaie de l'encadrer du mieux qu'il peut.

«Il suit mes traces pareil. Je suis un alcoolique toxicomane, mais je ne consomme plus», a mentionné Stéphane Morin.

Le cas de Yohan n'est pas unique et, pourtant, les demandes d'aide pour des adolescents souffrant de toxicomanie ont chuté de 40 % en un an, passant de 90 à 50.

«Les maisons de jeunes, les lieux d'équipes sportives, tous les lieux où on pouvait observer des besoins sont inaccessibles», a précisé à TVA Nouvelles le coordonnateur des services professionnels au centre Le Grand Chemin qui traite les dépendances, Miguel Thériault.

Des médecins ont remarqué plusieurs rechutes chez les adultes. «J'ai vu des rechutes après de nombreuses années d'abstinence, j'ai vu des gens qui sont retournés à des drogues dures, qui n'en consommaient plus, par exemple», a dit la Dre Marie-Ève Morin, une médecin de famille oeuvrant en dépendance et en santé mentale à la clinique La Licorne.

Au moins, le gouvernement permet maintenant les regroupements d'un maximum de 25 personnes pour les groupes de fraternité.

«L'alcoolisme, il y a trois solutions, c'est la prison, la folie ou la mort. C'est les trois places où ça mène. Si les normes sont respectées, je crois que c'est un moindre mal», a commenté Robert (nom fictif), qui est membre des Alcooliques anonymes de la Mauricie.