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Pour les Mexicains, leur président testé positif a joué avec le feu

Il a refusé pendant des mois de porter un masque. Contaminé par le COVID-19, le président Andres Manuel Lopez Obrador est maintenant critiqué par ses compatriotes pour avoir joué avec le feu.

«Il a pris un grand risque en ne portant pas de masque et en continuant de se déplacer partout», estime Juan Rojo, un vendeur de journaux à Mexico.

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Lopez Obrador, 67 ans, a souvent été accusé de minimiser les risques posés par le virus au début de la pandémie, en affirmant même qu'il était moins dangereux que la grippe et en recommandant à la population de continuer à se donner des accolades.

À quoi s'ajoute que ce populiste de gauche, appelé AMLO, son acronyme, a trainé à imposer un confinement et continué à organiser des rassemblements.

Ouvertement réfractaire au port du masque, il n'en a arboré un que rarement, comme lors de sa visite à Donald Trump, alors président des États-Unis, à Washington en juillet dernier, affirmant qu'il préférait respecter une distanciation sociale.

«Je porterai un masque ... Vous savez quand ? Lorsqu'il n'y aura plus de corruption», a-t-il un jour plaisanté.

Ses détracteurs, et même certains de ses partisans, soutiennent qu'il aurait dû en faire plus pour montrer l'exemple.

Si AMLO ne prend pas les mesures qui s'imposent, «personne ne le prendra au sérieux», prévient Priscila Blanco, une étudiante de l'État de Basse-Californie, dans le nord du Mexique.

L'ancien maire de Mexico, qui se présente comme le champion de la lutte anticorruption, a accédé au pouvoir fin 2018. Depuis, il s'est heurté à des appels à la démission de ses opposants pour sa gestion de la pandémie.

Mais cela ne l'empêche pas de jouir encore d'une solide cote de popularité, supérieure à 60 %.

AMLO qui a des antécédents cardiaques et souffre d'hypertension, a annoncé dimanche qu'il suivait un traitement pour le COVID-19, mais que ses symptômes étaient légers.

Mardi, il «se remettait très bien» et continuait à exercer ses fonctions depuis le Palais présidentiel, aux dires de sa ministre de l'intérieur, Olga Sanchez.

Lopez Obrador a poursuivi ses tournées régionales malgré une augmentation des cas de coronavirus et des décès dans le pays au cours des dernières semaines.

Ses premiers symptômes sont apparus au cours du week-end alors qu'il était en déplacement dans le centre et le nord du Mexique, ce qui suscite des inquiétudes quant au nombre de personnes qu'il aurait pu contaminer.

«Il doit se faire vacciner» 

«S'il va partout, il doit se faire vacciner. Il aurait peut-être déjà dû le faire», estime Juan Rojo, le vendeur de journaux.

Lopez Obrador a fait savoir qu'il attendrait son tour pour se faire vacciner en février ou mars, comme les personnes de son âge.

«Il doit prendre soin de lui car c'est une personne âgée, mais il se déplace ici et là», estime Carolina Garcia, une femme de ménage de 37 ans.

Le Mexique a officiellement enregistré près de 1,8 million de cas de coronavirus et plus de 152 000 décès, soit le quatrième plus grand nombre de décès au monde après les États-Unis, le Brésil et l'Inde.

Il a fallu que le nombre de contaminations et de décès batte des records, pour qu'AMLO reconnaisse la gravité de la pandémie, qu'il qualifie désormais de plus grand défi auquel il est confronté.

Son gouvernement s'est empressé d'acquérir des vaccins et a été le premier pays d'Amérique latine à lancer un programme de vaccination de masse dès le 24 décembre en recourant au vaccin Pfizer-BioNTech.

Le Mexique a également autorisé le vaccin développé par AstraZeneca et l'université d'Oxford, et a conclu un accord pour produire le médicament en collaboration avec l'Argentine.

Lundi, Lopez Obrador a déclaré que le Mexique se ferait livrer 24 millions de doses du vaccin russe Spoutnik V, bien que celui-ci n'ait pas encore été approuvé par les autorités sanitaires mexicaines.

AMLO est le dernier d'une série de dirigeants contaminés au nouveau coronavirus, qui compte notamment le président brésilien Jair Bolsonaro, le premier ministre britannique Boris Johnson, le président français Emmanuel Macron, et l'ancien président américain Donald Trump.

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