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Procès de Michel Venne: la plaignante continue de défendre sa position

Photo Stevens LeBlanc

Au 3e jour du procès de Michel Venne, accusé d’exploitation et d’agression sexuelle, la défense a inlassablement questionné la présumée victime qui a réussi à garder son sang-froid et continué de défendre sa position. 

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Rarement a-t-on vu des avocats interroger si longuement une victime et décortiquer, de façon si chirurgicale, les gestes ou paroles qu’elle a pu faire ou prononcer à la suite des agressions présumées.  

Depuis lundi après-midi, la présumée victime de Venne, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a raconté et analysé chaque événement qui s’est produit à la suite de la présumée agression qu’elle dit avoir subie en 2008. 

L’un des morceaux importants du débat est une conversation que la jeune femme a eue avec l’ancienne ministre de la Condition féminine Lise Payette qu’elle a enregistrée à l’insu de cette dernière, en octobre 2017.  

Montage  

Mardi, les avocats de la défense ont réussi à démontrer que la jeune femme avait effectué un montage d’une dizaine de minutes à partir d’un enregistrement qui en durait vingt-deux, effectuant, pour ce faire, «entre 15 et 17 coupures». 

Mercredi, Me Lida Sara Nouraie, l’une des avocates représentant les intérêts de l’accusé, a tenté de faire dire à la plaignante l’intention qu’elle avait lorsqu’elle a manipulé l’enregistrement, laissant sous-entendre qu’elle avait «collé ensemble plusieurs bouts de conversation pour laisser croire qu’il s’agissait d’une discussion en continu».  

«Je trouve qu’on me prête beaucoup d’intentions... Je n’ai pas collé des phrases pour lui faire dire des choses... Plusieurs passages qui ont été enlevés n’altèrent en rien le caractère intrinsèque et le sens de la discussion», a spécifié la plaignante.  

Voir-dire  

Rappelons que la conversation en question n’a toujours pas été déposée en preuve, mais a plutôt été entendue dans le cadre d’un voir-dire et que le juge Stéphane Poulin aura à déterminer si cette dernière peut être mise en preuve puisque la défense semble contester l’intégrité et l’authenticité de l’enregistrement.  

«Le contenu ne nous intéresse pas... mais les manipulations qu’elle en a faites, oui», a d’ailleurs mentionné Me Nicholas Saint-Jacques, qui défend aussi les intérêts de Venne. 

Les gestes reprochés à l’homme de 60 ans seraient survenus en deux séquences. Une première fois, il aurait posé une main sur la cuisse de la jeune femme près de son vagin et à une autre occasion, aurait mis une main sur sa hanche et sur ses parties intimes. Le procès est prévu pour deux semaines.