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Restrictions pour les voyageurs: une mère envoie son fils aux États-Unis pour voir son père

Un adolescent de 15 ans qui n’a pas vu physiquement son père depuis près d’un an à cause de la pandémie de COVID-19 s’envolera coûte que coûte aux États-Unis vendredi pour lui rendre visite.

William Lewis a l’habitude de se rendre dans l’État du Connecticut plusieurs fois par année pour voir son père et d’autres membres de sa famille. Mais la fermeture de la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis, qui ne cesse d’être prolongée tous les mois, l’en empêche depuis le début de la pandémie.

«Des fois, il y a des limites. Avant, je voyais mon père pas mal chaque mois. Qu’il m’empêche de voir mon père pendant plus d’un an ça fait pas vraiment de sens», raconte le jeune homme à Denis Lévesque.

«Je juge que c’est essentiel qu’il ait au moins un contact physique avec son père. Là il en est privé et tout le monde on veut qu’il soit là», explique Geneviève Girard, sa mère.

Toutefois, ce n’est pas sans angoisser que sa mère lui a acheté son billet d’avion, alors que le gouvernement Trudeau pourrait annoncer de nouvelles mesures pour les voyageurs, notamment une quarantaine obligatoire à l’hôtel.

Geneviève Girard croit qu’il devrait y avoir une exception pour son fils puisqu’elle juge insensé qu’elle doive le laisser seul à l’hôtel à son retour si la mesure se confirme.

«Moi j’envoie mon fils là-bas et je ne sais même pas s’il va me revenir ou bien quand il va revenir et de quelle façon va falloir qu’on se conforme. Je suis prête à me conformer, mais à un moment donné je pense que ça prend un peu de gros bon sens», estime Mme Girard.

Pour elle, le fait que le père de son fils habite aux États-Unis ne justifie pas une quarantaine à son retour puisque de toute façon les parents qui se partagent un enfant au Québec ne sont pas contraints de le faire malgré le changement de bulle-familiale.

«Je ne demande pas à ce que mon fils aille passer une semaine à la plage. À l’heure actuelle ce que je veux, c’est que mon fils voit son père. C’est un droit qu’il a, au même titre que les autres enfants», dit-elle.

Geneviève Girard ne souhaite pas défier les règles sanitaires, loi de là. Son fils fera sa quarantaine à son retour comme prévu. Elle souhaite simplement qu’il puisse la faire à la maison.

De son côté, William ne semble pas inquiet de devoir faire sa quarantaine à l’hôtel s’il est forcé de le faire, quoiqu’il estime qu’à son âge, ce n’est peut-être la meilleure idée.

«Ça ne me dérange pas, mais le fait que je suis jeune, je ne sais pas si ça fait vraiment du sens de m’envoyer dans un hôtel à mon âge, seul, surtout que je ne suis pas encore au ''peak'' de mon autonomie», pense William.