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Délester pour traiter les patients COVID, mais à quel prix?

Le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures pour éviter la propagation du virus dans le pays. Une bonne nouvelle dans l’optique où l’on ne veut pas que les variants britannique et sud-africain se répandent.

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«Ralentir le plus possible les voyages, et donc l’importation des variants du virus de l’étranger, c’était indispensable», affirme le Dr Michaël Bensoussan, gastro-entérologue. 

Les spécialistes craignent de nouvelles vagues qui prolongeraient le délestage dans les établissements hospitaliers.

«Toutes les activités électives qu’un hôpital ne peut plus faire parce qu’il est débordé par des patients COVID plus ou moins graves. Pour faire ça, il a fallu trouver des locaux, des infirmières, au détriment des activités électives», ajoute le médecin.

Parmi les traitements qui ont été reportés, il y a des chirurgies, mais également des traitements et examens de dépistage.

«Nous avons depuis le début de la pandémie, un déficit de 100 000 coloscopies par rapport à ce qu’aurait dû être notre cédule habituelle», précise le gastro-entérologue. 

Selon lui, il est inévitable que des patients ne seront pas traités à temps. «Il va y avoir des gens qui ont malheureusement des cancers et qui vont glisser entre les mailles», dit-il.

Pour l’instant, le Canada se prépare à divers scénarios, certains plus optimistes visant une vaccination de masse dès mars, mais, selon le Dr Bensoussan, il faut se préparer au pire et anticiper le pire scénario. 

«On ne peut plus vivre sur un mode urgent et sauve-qui-peut en réagissant par rapport aux vagues de virus qui arrivent et à tous ses patients COVID à traiter», lance-t-il.

Selon lui, il faut dès maintenant avoir un débat national, avec des comités d’experts, sur la politique de délestage. «Ce sont des morts, ce sont des gens qui ne vont pas avoir leur greffe, leur endoscopie, leur scanneur. Ce sont des gens qui vont avoir des cancers diagnostiqués bien plus tard. La mortalité va faire un bond en arrière de plusieurs années», affirme le médecin.

Le spécialiste croit que le gouvernement n’a pas encore fait tout ce qui était possible pour aider le système de santé. Il propose notamment le retour des militaires et l’implication des pharmaceutiques. 

«Pourquoi nos dirigeants ne vont pas mettre plus de pression sur les laboratoires pour essayer de faire en sorte que la licence de ce vaccin soit rachetée et fabriquée par beaucoup d’autres laboratoires», avance-t-il.

Le médecin souhaite que le gouvernement aille cette réflexion rapidement pour éviter de mettre de la pression supplémentaire sur le personnel de la santé. 

«La charge mentale dans les hôpitaux, c’est terrible. Si on leur met la pression sur qui va vivre et qui ne va pas vivre, les travailleurs de la santé vont craquer», conclut-il.

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