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La santé mentale des cégepiens s'est dégradée depuis le début de la pandémie

Une enquête du Centre d'étude des conditions de vie et des besoins de la population (ÉCOBES) du Cégep de Jonquière, à Saguenay, confirme que la santé mentale des cégépiens de la province s'est grandement détériorée depuis le début de la pandémie.

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L'étude intitulée «Adaptation psychologique et adaptation aux études des étudiants collégiaux face à la crise de la COVID-19» a été menée auprès de plus de 8500 cégépiens.

Cinquante-six pour cent d'entre eux vivent une plus grande détresse psychologique que l'année dernière selon les données recueillies l'automne dernier.

«Les aspects anxieux, les surprises et les débordements de la pandémie, j'avais fait l'hypothèse que ça allait diminuer comparativement aux résultats obtenus lors de la première phase de l'enquête en mai dernier. Même chose en ce qui a trait aux impacts des modalités d'enseignement», a admis l'un des chercheurs du groupe ÉCOBES, Benjamin Gallais, qui a travaillé en collaboration sur cette enquête avec Marie-Ève Blackburn, Marco Gaudreault et Joanie Paré.

Mais le chercheur s'est trompé puisque 41 % des cégépiens interrogés vivent une anxiété modérée à sévère, comparativement à 25 % le printemps dernier.

De plus, la moitié des étudiants ont affirmé ressentir les symptômes d'une dépression significative, soit 17 % de plus qu'en mai.

«Précisément, c'est 49,9 % [des cégépiens] qui obtiennent un score inquiétant qui nécessiterait d'être évalué par un spécialiste, a précisé M. Gallais. Les gens qui n'allaient pas bien avant vivent quelque chose d'encore plus difficile aujourd'hui. Et il y a des jeunes qui ne connaissaient pas les difficultés de santé mentale qui, aujourd'hui, les vivent et, ça, c'est inquiétant.»

La psychologue Julie Bouchard, qui travaille au Cégep de Jonquière, favorise les consultations en personne.

Contrairement au printemps où l'inconnu était la principale source d'anxiété des étudiants, aujourd'hui c'est l'absence de contacts sociaux qui semble poser plus de problèmes.

«Les jeunes nous le disent qu'ils sont contents de nous voir et nous aussi on en a besoin», a-t-elle assuré, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Elle n'est pas surprise de constater que 76 % des jeunes interrogés par ÉCOBES affirment s'ennuyer de la vie sociale sur le campus.

ÉCOBES n'a pas encore achevé l'analyse complète des données recueillies.

Le rapport final sera transmis au ministère de l'Enseignement supérieur, qui travaille actuellement à élaborer un plan d'action en santé mentale.

Le chercheur principal de l'étude, Benjamin Gallais, a d'ailleurs pris part, au cours des derniers jours, à une rencontre de travail sur le sujet qui réunissait divers intervenants du milieu.