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Ados victimes de fraudes de la PCU

Des jeunes n’ayant pas droit à la Prestation canadienne d’urgence puisqu’ils n’ont jamais travaillé ont appris qu’ils avaient été victimes d’une fraude.

« Ma fille de 16 ans est étudiante à temps plein au secondaire. Elle n’a jamais travaillé ni même produit un rapport d’impôt », lance Lucie Dumas.

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La semaine dernière, elle a tout de même reçu un formulaire d’impôt qui indiquait que son enfant avait retiré 4000 $ en PCU.

Un père de famille déplore une situation semblable qui est arrivée à sa fille du même âge.

« Quelqu’un a ouvert un compte avec ses informations chez Desjardins pour y réclamer trois chèques de PCU, donc 6000 $. Pourtant, elle n’entre même pas dans les critères pour avoir droit à la PCU », explique Jonathan, qui a préféré taire son nom de famille.

Des heures au bout du fil 

Les parents ont passé de longues heures au téléphone afin de dénoncer la fraude auprès d’instances comme la police, l’Agence du revenu du Canada et leur institution bancaire.

« J’ai passé au moins 7 à 10 heures au téléphone, confie Mme Dumas. Et les démarches ne sont pas encore terminées. »

Elle est d’autant plus découragée que cette fraude affectera le crédit de sa fille pour le reste de ses jours.

« On lui demande de conserver toute sa vie des papiers qui prouvent qu’elle a été victime de fraude. Dès qu’elle demandera du crédit, ça sera à elle de prouver qu’elle a été victime d’une fraude », déplore-t-elle.

Aucune vérification n’était faite dans les premiers mois de la PCU et les fraudeurs étaient bien au fait de cette faille, selon Paul Laurier, président de la firme de sécurité Vigiteck.

« Il fallait que ça aille vite. Aujourd’hui, on voit l’impact de cela, estime-t-il. Pour une ou deux semaines de plus, au niveau informatique [...] on aurait trouvé ces failles rapidement. » 

Plus de fraudes au Québec  

On avait reçu 7198 plaintes liées à la PCU au Centre antifraude du Canada au 31 décembre. C’est au Québec que l’on dénombre le plus de ces fraudes (2365) suivi de près par l’Ontario (2295).

Le plus gros vol de données de l’histoire du Québec, qui a eu lieu chez Desjardins en 2019, pourrait avoir un impact sur ces statistiques.  

« Les fraudeurs avaient une bonne base de données en sol québécois. C’est quasiment tous les Québécois qui y ont passé, explique l’expert Paul Laurier. Ceux qui ont été capables d’avoir accès à ces données ont pu s’en servir pour demander [la PCU]. »