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La communauté juive hassidique devant le tribunal

La communauté juive hassidique veut faire changer les mesures sanitaires et plaide devant la justice que la prière devrait être considérée comme un service essentiel.

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En pleine pandémie, des rassemblements illégaux dans des synagogues qui ont donné lieu à des descentes policières et des arrestations ont largement fait la manchette, il y a une semaine. Des rassemblements condamnés de toute part. 

Pour sa part, la communauté a reproché au gouvernement d’avoir semé la confusion avec des directives sur les rassemblements loin d’être claires. 

La Direction de la santé publique de Montréal s’en est excusée la semaine dernière, a senti le besoin de clarifier la règle qui est la suivante: c’est 10 personnes maximum par adresse de lieu de culte.

Le Congrès des juifs hassidiques du Québec, qui représente une quarantaine de congrégations et 5000 familles, était de retour devant le Tribunal avec ses avocats lundi pour qu’on permette aux fidèles d’être 10 par salle, des gens qui emprunteraient des entrées indépendantes donnant accès à des salles de prière distinctes.

Me Sylvain Lanoix, l’avocat du Congrès des juifs hassidiques du Québec, affirme qu’ils n’arriveront pas à s’acquitter de leurs obligations religieuses.

«La communauté se voit empêcher d’exercer la prière collective récitée trois fois par jour et de tenir des cérémonies importantes. Ces prières collectives ont une dimension communautaire essentielle à leur vie spirituelle. Ça devrait être un service essentiel au même titre que l’éducation, la justice ou les services sociaux», a-t-il fait valoir. 

«Les restrictions constituent une atteinte à la liberté religieuse pour laquelle la cour doit intervenir immédiatement pur s’assurer que cela ne pose pas un préjudice irréparable à la communauté», a ajouté Me Lanoix. 

Pourquoi les salons funéraires peuvent-ils recevoir jusqu’à 25 personnes pour des cérémonies? questionne leur avocat. Pourquoi est-ce différent pour les lieux de culte?

La juge Chantal Masse a réagi en affirmant que la cérémonie funéraire est peut-être un événement plus unique que de prier chaque semaine ou chaque jour.

Pour sa part, l’avocat du Procureur général du Québec, Me François-Alexandre Gagné, est revenu sur le contexte actuel d’une pandémie qui est difficile à contrôler. 

«Le gouvernement doit réagir à une situation qui progresse rapidement et met des mesures qui visent la protection de la santé publique et du personnel hospitalier. Dans le contexte actuel de la pandémie, la tolérance, l’accommodement et la souplesse de novembre dernier n’ont plus lieu d’être, alors que la limite avait été ramenée à 25 personnes à l’automne», a affirmé Me Gagné.

La juge va rendre une décision d’ici vendredi.

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