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Québec préfère le couvre-feu et les quarantaines aux barrages routiers

Malgré les pressions des partis d'opposition, le gouvernement Legault refuse de mettre en place des barrages routiers à l’entrée des régions qui passeront en «zone orange» à compter du 8 février pour éviter la venue de visiteurs tentés de goûter aux plaisirs des déconfinés.

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Québec préfère se concentrer sur le suivi des quarantaines des voyageurs et le respect du couvre-feu.

«À notre sens, nos policiers sont déjà très bien utilisés et très utiles autrement. [...] Si on mettait des policiers pour faire des barrages, forcément il y en aurait moins pour faire autre chose», a indiqué mercredi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Le gouvernement caquiste s'en remet à la «bonne foi des Québécois» pour suivre la recommandation de ne pas se déplacer inutilement vers d'autres régions.

Au total, les policiers de l’ensemble de la province ont donné 1084 contraventions pour le non-respect du couvre-feu entre le 25 et le 31 janvier et la Sûreté du Québec (SQ) a procédé à 1440 suivis de quarantaine pendant la même période.

La question des ressources policières n’est pas un enjeu, a-t-elle d’abord affirmé, avant d’admettre que cela la préoccupait.

La SQ va s'ajuster

Mais si le gouvernement donnait le feu vert aux contrôles routiers entre les régions, la SQ répondrait présente.

«On va s’ajuster aux mesures en vigueur. On va adapter nos stratégies d’intervention», a souligné la porte-parole, la sergente Ann Mathieu, appelée à commenter cet éventuel scénario.

Cette dernière rappelle que la police provinciale assiste la Santé publique depuis le début de la pandémie. «On a toujours déployé les ressources nécessaires selon les mesures gouvernementales prises par décret», a-t-elle insisté.

Au gouvernement, on fait valoir que les directions de santé publique régionales n’ont pas recommandé la mise en place de barrages routiers, contrairement au printemps dernier.

À l’approche de la relâche scolaire, les partis d’opposition craignent de voir des résidents de zones rouges débarquer en régions, où les salles à manger des restaurants, les gyms, les cinémas et salles de spectacles ouvriront graduellement dans les prochaines semaines.

Péquistes, solidaires et libéraux demandent au gouvernement Legault de renforcer les contrôles aux frontières des régions.

«Le ton adopté par le premier ministre ressemblait drôlement au ton adopté avant les Fêtes avec les voyages dans le Sud: ce n’est pas recommandé, mais si vous le faites, il ne se passera rien. On devrait envoyer le signal que la Sûreté du Québec veille au grain», a fait valoir le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Il réclame l’interdiction de la location de chalets en zone orange par les habitants des zones rouges.

Pour le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, le temps presse puisque la semaine de relâche arrive à grands pas.

«Est-ce que les barrages [routiers] c’est la solution? C’est certainement une des avenues possibles, il y en a peut-être d’autres et on attend que le gouvernement nous fasse des propositions là-dessus», a-t-il dit.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a aussi réclamé le retour des barrages routiers, comme ceux mis en place au printemps dernier.

«Je pense que le principe qu'on doit utiliser, c'est le principe de précaution», a-t-elle dit.