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Des cliniques post-COVID réclamées

COVID-19

Photo courtoisie

Des Québécois souffrant de séquelles du coronavirus, des mois après avoir été infectés, se sentent laissés à eux-mêmes et réclament l’ouverture de cliniques spécialisées post-COVID qui leur permettraient d’avoir un suivi médical approprié après leur infection.

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« Vers qui dois-je me tourner maintenant que je ne teste plus positive [à la COVID-19], mais que je souffre encore ? », se questionne Caroline Lalande, 32 ans. 

Comme plusieurs dans sa situation, elle espère que des cliniques spécialisées post-COVID ouvriront bientôt leurs portes au Québec, pour qu’elle puisse avoir accès à des spécialistes.

Pour l’instant, elle est suivie par son médecin de famille, qui a accepté de continuer de l’avoir comme patiente malgré son départ à la retraite. 

« Il a eu pitié de moi, je crois. Il ne peut pas faire grand-chose. Mais sans lui, je serais complètement laissée à moi-même », dit-elle en reprenant son souffle. 

Totalement hypothéquée

Une enseignante en arrêt de travail depuis maintenant 4 mois croit que l’on devrait d’abord cesser de mettre les gens qui ont eu la COVID-19 dans deux catégories : morts ou guéris. 

« Il y a aussi des gens considérés comme guéris, mais totalement hypothéqués par leur infection, lance Violaine Cousineau, qui se place dans cette catégorie. Je suis chanceuse, mon médecin de famille croit mes symptômes. Mais il m’a fait passer une batterie de tests et n’a rien détecté d’anormal. » En attendant, elle tente de se soigner par elle-même. « J’ai découvert que de rester longtemps à l’air glacial calme l’inflammation dans mes poumons », rapporte la quadragénaire.

Elle souhaite davantage de cliniques spécialisées tant pour faire avancer la science que pour une meilleure prise en charge de son cas.

« Je consulterais sans hésiter. J’aurais au moins l’impression que ma souffrance servirait à faire avancer la science », dit Mme Cousineau. 

À bout de ressources

Alexandre Bégin, qui a été infecté en novembre, a lui aussi l’impression d’avoir épuisé toutes les ressources de son médecin de famille. 

« Comme ce ne sont pas des symptômes en continu, mon médecin juge que ce n’est pas nécessaire d’aller consulter. Donc, je suis pris avec des symptômes pas urgents, mais tout de même douloureux et tannants », relate l’homme de 33 ans. 

Qu’est-ce que je peux faire pour aller mieux ? C’est la question qu’il se pose chaque fois que les symptômes de son infection réapparaissent. 

« Avec des cliniques post-COVID, on saurait clairement où appeler et où consulter pour un suivi. Ça serait un bon point de chute », estime-t-il. 

Dans l’ouest du Canada, trois cliniques post-COVID ont été implantées à Vancouver ainsi qu’une à Edmonton. Au moins une clinique du genre existe également au Québec. Elle a ouvert ses portes en mai à l’Hôtel-Dieu, à Sherbrooke. Il s’agit toutefois d’une initiative régionale, précise le ministère de la Santé et des Services sociaux. 

Les personnes souffrant de symptômes persistants peuvent consulter leur médecin de famille pour un suivi médical adéquat, réitère le MSSS.

Difficile de proposer des thérapies efficaces 

Une clinique post-COVID a ouvert ses portes à Sherbrooke pendant la première vague pour les gens qui n’ont pas été hospitalisés, mais qui ressentent des symptômes du virus plusieurs semaines après l’infection.

« On prend en charge les patients et on investigue leurs symptômes. On s’est aussi associé à des cliniques de physiothérapie et de réadaptation », explique Alain Piché, directeur de la Clinique ambulatoire post-COVID. 

Celle-ci a ouvert ses portes en mai dans des locaux de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke et a déjà accueilli plus de 250 personnes.

Or, il est encore difficile de proposer des thérapies efficaces aux patients, selon l’infectiologue. « On ne sait pas pourquoi certains ont des symptômes persistants [...], d’où l’importance de faire plus de recherche », explique-t-il. 

Plus de cliniques demandées

Considérant le nombre important de personnes qui gardent des séquelles du virus, M. Piché insiste sur l’importance d’avoir davantage de cliniques post-COVID en sol québécois.

« On va avoir besoin de médecins pour s’occuper de ces patients », affirme-t-il. 

« Des médecins de famille me recommandent des patients. Comme c’est une maladie que l’on connaît peu, ils sont parfois mal pris. Souvent, ils n’ont pas accès à une approche multidisciplinaire », poursuit-il. 

Selon lui, il y aurait deux autres cliniques du genre, soit à Chicoutimi et à Montréal, qui auraient ouvert leurs portes récemment. 

Ensemble vers un but commun

De leur côté, les trois cliniques post-COVID de Vancouver travaillent en concertation afin de partager leurs plus récentes découvertes. 

« On se rencontre une fois par semaine pour discuter de nos cas les plus intéressants. On développe ensemble les meilleures façons d’accom-pagner les patients », explique Zachary Schwartz, responsable de la clinique à l’Hôpital général de Vancouver. 

« Le but de la clinique est d’aider des patients à aller mieux. Mais comme c’est une maladie que l’on comprend peu, on ne sait pas encore quelles sont les meilleures pratiques. Notre mission est aussi de faire de la recherche afin de trouver la réponse à ces questions », ajoute Jesse Greiner, de la clinique au St. Paul’s Hospital.