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Déception à Saguenay face à l'annulation de la saison des croisières

La déception est grande dans le secteur de La Baie, à Saguenay, avec l'annulation de la saison des croisières pour une deuxième année consécutive.

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En deux ans, Saguenay aura perdu le passage de 104 navires de croisière et de plus de 150 000 visiteurs et membres d’équipage. En moyenne, cette industrie amène des retombées annuelles de plus de 26 millions $ dans la région.

Des commerçants profitent beaucoup de la venue de ces dizaines de milliers de visiteurs.

«Moi, la porte est ouverte. Ça sent bon à l'extérieur. On met des bulles. Ils entrent. Ils sont charmés», a confié la copropriétaire de la Savonnerie Chèvre-feuille, Sonia Gagnon.

Dans cette PME, les croisiéristes représentent 20 à 25 % du chiffre d'affaires annuel.

«C'est un gros bonbon, a témoigné la femme d’affaires. C'est une clientèle qui arrive en surplus de notre clientèle de base. On n'a pas d'effort à faire pour les attirer ou presque. Ils débarquent. Ils viennent nous voir et ils achètent. Une année, on se disait, c'est bon. On va passer ça, mais une deuxième année, c'est vraiment dommage.»

Le sentiment est le même à l’atelier artisanal Touverre. «Les croisières, c'était un revenu important. Quand tu reçois 30 personnes, tu vas avoir trois ou quatre personnes qui vont acheter quelque chose», a expliqué le propriétaire, Guiseppe Benedetto, qui fait des œuvres d’art à partir de verre soufflé et de pierres fines.

Une trentaine de groupes de croisiéristes visitaient Touverre chaque année. C'était 30% des revenus. «Il va falloir se tourner vers les gens de la région, les gens du Québec, les gens qui vont voyager individuellement», estime M. Benedetto.

Pour les taxis de La Baie, l'absence des bateaux avait déjà paru en septembre et octobre dernier. «On a eu une diminution de 40 % sur notre chiffre d'affaires», a indiqué le propriétaire de Taxis 2151, Alexandre Morin.

Ces deux mois sont habituellement les plus tranquilles de l’année. Mais quand les croisières arrivaient, c’était la folie. Tous les véhicules, les 11, étaient affectés aux débarquements.

«Tout le monde travaille dans ces grosses journées-là. Moi-même, je suis sur une voiture taxi», a expliqué M. Morin.

Il n'y aura donc pas de tours de ville et de transports pour une deuxième année de suite. «L'année prochaine, on va être capable encore de passer au travers, mais avec de la difficulté», a-t-il ajouté.

Les taxis conduisaient aussi quelques centaines de passagers au Centre de plein air Bec-Scie, chaque année, pour des randonnées pédestres en forêt.

«Ça va avoir un impact chez nous, estime le directeur général de Contact Nature qui gère ce centre, Marc-André Galbrant. Mais en même temps, il y a beaucoup de monde de la région qui se sont réappropriés les activités de plein air. Donc, je pense que l'on va avoir quand même une compensation à ce niveau-là. »

Ottawa a prolongé l’interdiction pour la circulation des navires de croisières de 100 personnes et plus dans toutes les eaux canadiennes jusqu’au 28 février 2021.

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